La nouvelle série belge a été projetée ce vendredi dans le cadre du Festival de la Fiction TV de La Rochelle en présence de toute l’équipe. Elle est attendue au printemps sur la RTBF et ensuite sur TF1.

La salle 2 était pleine ce vendredi matin dans le cinéma Le Dragon qui accueille, en journée, les projections de séries et fictions en compétition au Festival de la fiction de La Rochelle. Une curiosité pour les séries belges attisée par les succès précédents, en France, de La Trêve, Ennemi public et Unité 42, côté francophone, mais aussi Beau séjour et Undercover, côté néerlandophone.

Attraction, qui concourt parmi les fictions francophones étrangères, est une création conjointe des scénaristes Barbara Abel et Sophia Périé (Nina) et d’Indra Siera (Professor T, La Guerre des mondes) pour la réalisation. Elle suit l’histoire d’une femme (Laura Sepul) qui se met à douter du comportement de son mari (Lannick Gautry) : est-il bien l’homme doux et aimant qu’il prétend être ? Et que cachent ses nombreux déplacements à l’étranger ?

Cette série est née de l’imagination débordante de Catherine Burniaux, productrice chez De Mensen/Les Gens, qui a rassemblé une équipe transfrontalière (Bruxelles, Flandre, France) autour de son projet. Pourtant, au départ, rien n’était gagné.

Ne jamais dire jamais

Après deux projets de série encensés et ensuite enterrés sans autre forme de procès, sans l’ombre d’un message ou d’une notification, Barbara Abel s’était bien juré qu’on ne l’y reprendrait plus. « Et puis, j’ai reçu cet appel d’une productrice belge charmante qui est passée outre mon manque d’enthousiasme et le délai, pourtant très long, que je lui imposais pour d’abord finir le roman que j’étais en train d’écrire. »

À sa grande surprise, Catherine Burniaux la rappelle quatre mois plus tard et la conversation se passe tellement bien que l’auteure se laisse amadouer. Mais, lorsque le projet de série est accepté par la RTBF, l’auteure panique. « Catherine m’a dit qu’elle allait me faire rencontrer quelqu’un rompu à l’exercice de la série car je n’y connaissais rien en matière de structure et de découpage par épisode. »

Malgré leurs craintes respectives de départ, la rencontre entre Barbara Abel et Sophia Périé se transforme en coup de foudre professionnel. Les deux femmes s’entendent à merveille et décident de louer un espace de cowor king pour mener leur brainstorming et les différentes phases d’écriture en symbiose. L’entente est telle qu’aujourd’hui non seulement le tandem travaille déjà sur la saison 2 de la série Attraction – qui se définit comme une anthologie (à chaque saison, un nouveau décor, une nouvelle famille) -, mais Barbara Abel n’envisage pas d’écrire d’autres séries sans Sophia Périé.

J’aime les intrigues à la Columbo où le spectateur a d’emblée un coup d’avance

De la même façon, elle loue le travail d’Indra Siera, dont le côté « visionnaire et baroque » a immédiatement séduit la productrice comme les comédiens. « J’ai beaucoup aimé travailler avec Indra, c’est une vraie rencontre artistique, il est très inventif et surprenant dans le travail. Avec son chef opérateur-cadreur, il forme un tandem avec une grammaire très particulière. Ils exécutent une sorte de chorégraphie autour de nous quand ils filment », explique le Français Lannick Gautry. Ce qui force les comédiens à être toujours en alerte.
« Mais, avant toute chose, le scénario m’a tout de suite convaincu, car j’aime les intrigues à la Columbo où le spectateur a d’emblée un coup d’avance » et se met à rechercher ce qui va trahir le(s) coupable(s).

Pour les deux comédiens, le défi principal était de « rendre leur personnage attachant » malgré leurs travers. « Agathe est une femme ordinaire, mais elle ne manque pas de ressources. Face aux épreuves qu’elle traverse, je ne voulais surtout pas qu’on la trouve pénible ou soûlante, je voulais qu’on soit en empathie avec elle », confie Laura Sepul. Pour connaître l’issue de ce thriller domestique en six épisodes, il faudra être patient. Il n’est pas attendu avant le printemps 2023 sur la RTBF et dans la foulée sur TF1.

Karin Tshidimba