Le détective Monk s’est trouvé un petit frère et il est chirurgien à l’hôpital Saint-Bonaventure de San José, en Californie. Jeune prodige de la chirurgie, Shaun Murphy y débute son internat. Son intégration est compliquée car il est atteint, comme le personnage de Monk, du syndrome d’Asperger, une forme légère d’autisme, doublée, dans le cas de Shaun, du syndrome du savant ce qui lui confère une mémoire presque absolue et une représentation spatiale extraordinaire.

Au-delà de ses qualités exceptionnelles, ses difficultés relationnelles en font aussi une personne difficile à appréhender. A son arrivée, son seul allié est le docteur Glassman (Richard Schiff), le directeur de l’établissement qui a rencontré Shaun lorsqu’il (vivait dans le Wyoming et) était âgé de 14 ans. Un jeune homme qu’il considère comme « un atout majeur pour l’hôpital au-delà de sa différence ».

Si vous ne faisiez pas partie des quelque 380 000 téléspectateurs qui ont découvert The Good Doctor* jeudi dernier sur La Une, les deux premiers épisodes sont à (re)voir sur RTBF Auvio jusqu’au 6 septembre. Vous pouvez aussi choisir de la découvrir ce mardi soir sur TF1 à 21h. De quoi être prêts pour les épisodes 3 et 4 proposés sur La Une jeudi à 20h20.

mise à jour (29/08): Avec 6,6 millions de téléspectateurs (30,7 % de PDM), TF1 s’est largement hissé en tête des audiences mardi soir avec « The Good Doctor ». Preuve que la différence séduit en télévision.

A l’instar du personnage principal dans le film « Rain Man » (Dustin Huffman), Shaun ne comprend ni ne connaît les sarcasmes qui le laissent démuni. En outre, il doit parvenir à convaincre ses nouveaux collègues oscillant entre méfiance et admiration. Son intelligence hors normes n’empêche en effet ni l’excès de zèle, ni le manque de bon sens ou d’empathie. Quant au goût immodéré de Shaun pour la vérité, il représente parfois un réel handicap face aux patients.

Ce rôle riche et complexe est habité avec beaucoup de conviction par le Britannique Freddie Highmore, bien loin de son personnage de psychopathe en herbe campé dans Bates Motel.

David Shore, créateur de Dr House

Un esprit brillant et un sens du diagnostique poussé a l’extrême, voilà qui réveille des souvenirs chez les amateurs de séries médicales. Mais ces qualités se déploient cette fois sans une once de cynisme ou de machiavélisme. Les fans du Dr House seront sans doute heureux d’apprendre que la série est produite par David Shore, créateur de la série médicale mondialement célèbre.

The Good Doctor est l’adaptation d’une série médicale sud-coréenne (KBS). C’est l’acteur Daniel Dae Kim (Lost, Hawaii 5-0) qui en a acheté les droits et qui a sollicité David Shore pour en assurer l’adaptation. La version coréenne originelle est d’ailleurs visible sur Netflix.

Si l’on parvient à dépasser les excès de la musique sursignifiante et la mise en scène emphatique qui tirent par moments la série vers le mélo, la pertinence des questions posées et des réactions suscitées par ce «handicap social» prend heureusement le dessus. Reste que les personnages secondaires ne brillent pas par leur originalité.

Aux États-Unis, la première saison de The Good Doctor a rassemblé 9,8 millions de téléspectateurs en moyenne de septembre à mars 2018 et 16,7 millions en incluant le replay. La saison 2 y démarrera le 24 septembre prochain.

Karin Tshidimba