Pour sa première apparition dans une série, la star s’illustre dans un thriller psychologique qui exhume les fantômes de l’Amérique des années 60 et un fait divers qui a défrayé la chronique. A découvrir dès ce vendredi sur Apple TV
Traumatisée par la disparition de la petite Tessie Durst, Maddie Schwartz (Natalie Portman) refuse de rester les bras ballants et de ne pas prendre part aux recherches qui mobilisent la ville de Baltimore. Face à l’inertie et à l’incompréhension de son mari, Maddie le quitte et part s’installer dans un petit appartement du centre-ville. On comprend rapidement que ce sont ses années de femme au foyer juive, souriante et soumise, que Maddie veut ainsi laisser derrière elle tandis qu’elle tente de renouer avec sa première passion : le journalisme.
Dans ce coin animé de la ville, Cleo Johnson (Moses Ingram découverte dans Le Jeu de la dame) combine différents boulots pour assurer le quotidien de sa famille et notamment celui de son plus jeune fils Lionel, qui souffre de drépanocytose. Elle tente de tenir son mari et son fils loin des tentations et de l’univers de Shell Gordon, sorte de parrain de la communauté, tout en militant activement pour les droits civiques des Noirs.
Le long chemin vers l’émancipation
La série suit la trajectoire de ces deux femmes (Maddie et Cleo) se battant pour se faire une place dans un univers aussi corrompu par le racisme ambiant que par un machisme crasse. Le tout sur fond de trafics en tous genres et, notamment, de la rapide expansion d’un système de paris secrets très populaire au sein de la classe ouvrière et de la communauté afro-américaine.

Au fil de leur quête d’émancipation, sans le savoir, leurs parcours se croisent et semblent même par moments se répondre. La série confronte les notions de lutte, de privilège et de justice dans un étrange jeu de l’oie, en partie nocturne, rendu encore plus trépidant par le montage expert d’Alma Har’el.
L’enquête débute aux alentours de Thanksgiving en 1966 mais, très rapidement, on découvre qu’elle fait écho à d’autres événements, survenus vingt ans plus tôt, dans la vie de la toute jeune Maddie, alors prometteuse jeune journaliste, fascinée notamment par le mouvement surréaliste d’André Breton.
Perdues dans un monde d’hommes
Différents rêves symboliques – convoquant notamment l’image de l’agneau sacrificiel, mais aussi celle de la tentation – hantent ce récit à la narration et à l’esthétique originales, formant un tableau expressionniste de l’époque, dont les mystères et les tourments s’expriment à travers sa bande-son, ses chorégraphies endiablées mais aussi ses juxtapositions et ses collages.
Première apparition de Natalie Portman (May December, Black Swan) sur le petit écran, Lady in the lake**** est un thriller doublement attendu. Il donne l’occasion à la star de briller dans un genre qu’elle maîtrise parfaitement et l’histoire s’inspire d’un fait divers ayant défrayé la chronique : la mort non résolue de Shirley Parker, une barmaid et secrétaire afro-américaine dont le corps a été retrouvé au Druid Hill Park de Baltimore, en juin 1969.
Cette disparition mystérieuse a inspiré l’écriture du livre Lady in the lake, à Laura Lippman, ancienne journaliste du Baltimore Sun, qui connaissait très bien la ville. Publié en 2019 aux Etats-Unis, il a reçu les éloges de Stephen King et guide aujourd’hui la réalisation de cette série, en sept épisodes, créée par Alma Har’el (Honey Boy) pour Apple TV.
Au casting, on croise également: Y’lan Noël (Insecure), Brett Gelman, Byron Bowers, Noah Jupe, Josiah Cross, Mikey Madison et Pruitt Taylor Vince.
Les deux premiers épisodes sont disponibles dès ce vendredi, l’histoire se poursuivra, ensuite, au rythme d’un épisode par semaine jusqu’au 23 août.
Karin Tshidimba
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