La saison 2 de la websérie RTBF suit Anna dans la découverte et l’affirmation de son identité sexuelle. U parcours en dix épisodes à voir dès ce jeudi sur Auvio, Youtube et Facebook. Comme les séries Les Engagés, Euphoria ou Gentleman Jack, la série de Caroline Taillet et Martin Landmeters ouvre à d’autres réalités… trop souvent ignorées.

Offrir un regard sur la société dans son ensemble, représentatif de toutes les réalités, c’est, ou cela devrait être, l’une des missions des fictions télévisées. Depuis toujours les séries investissent les sujets de société, notamment celui de la représentation des personnes LGBT+. La fiction française, encore discrète, n’est pas absente du débat avec des créations comme Clara Sheller ou Les Engagés. En Belgique aussi, une websérie comme La Théorie du Y, avec 2 millions de vues toutes plateformes confondues, prouve qu’il y avait matière à dialogue et un manque à combler.

Malgré cette prise de conscience, de nombreuses questions demeurent face à une certaine frilosité des diffuseurs : où en est-on de la représentation des identités de genre ? Les stéréotypes sont-ils vraiment en voie de disparition ? Y-a-t-il encore des sujets inabordables dans les séries ? Autant de questions abordées à la rentrée lors du débat organisé par le CNC dans le cadre du Festival de la Fiction TV.

Sur le thème des identités qui, vues de l’extérieur, peuvent sembler floues ou brouillées, La Théorie du Y a ouvert une nouvelle brèche en permettant d’exprimer le malaise, le mal-être, la nécessité de la sincérité ou du mensonge, le silence ou la revendication des personnes bisexuelles : une large gamme d’émotions qui, souvent, traversent la vie des personnes LGBT.
En suivant le parcours d’Anna (Léone François), rentrée de Berlin et toujours en questionnement par rapport à son parcours
amoureux, Caroline Taillet et Martin Landmeters mettent des mots et des images qui sonnent juste au service des sentiments vécus par de nombreux adolescents ou adultes en chemin, souvent ignorés ou pointés du doigt. Les 10 nouveaux épisodes de la saison 2 sont à découvrir deux par deux tous les jeudis dès ce 17 octobre sur Youtube, Facebook et Auvio et seront proposés dès le 2 novembre sur La Deux. L’occasion de se poser les bonnes questions ou d’initier un dialogue serein avec ses proches. Comme tentent de le faire Anna et Malik (Salim Talbi) dans la série.

Si des séries comme Transparent (Amazon), Orange is the new black (Netflix) ou Euphoria (HBO) montrent la voie à suivre, la route vers un meilleur traitement des personnes LGBT+ est encore longue comme l’ont prouvé les questions suscitées par la série Louis(e) sur TF1. Avec le temps, d’autres voix émergent et d’autres récits permettent d’aborder ces réalités avec davantage de tact et de sensibilité. En ne les réduisant pas à des « tendances du moment », notamment, et en les replaçant aussi dans une perspective historique comme le fait la formidable série Gentleman Jack (diffusée sur Be tv), l’histoire de cette femme, Ann Lister, qui n’a pas eu peur d’assumer ses ambitions et son homosexualité en pleine Révolution industrielle britannique du XIXe siècle.

C’est aussi le cas de la série Butterfly, imaginée par Tony Marchant, également proposée à la rentrée sur Be tv. On y suit Max qui, depuis toujours, se sent différent, comme étranger à son propre corps. Il n’y a que lorsqu’il s’habille en fille qu’il se sent enfin « à sa place », en lien avec ce qu’il est vraiment. Ses parents sont-ils prêts à accepter cette mue qui fera de lui Maxine, une fillette de 11 ans enfin bien dans son corps et dans sa tête ?

A travers ces trois séries, les personnes LGBTQ peuvent se sentir comprises, vues, écoutées, une étape indipensable vers l’acceptation (de soi) et le respect (des autres).

 Karin Tshidimba

nb: On peut retrouver l’interview de la comédienne Léone François réalisée durant le tournage de cette saison 2 en suivant le lien bleu…