Hugh Grant et Ben Whishaw brillent dans ce drame, inspiré d’une histoire vraie, qui a secoué la Grande-Bretagne dans les années 70. Proposée ce samedi sur Be Séries, à 14h et mardi sur Be1 à 21h55, la mini-série est également disponible sur Be à la demande


Jeremy Thorpe (Hugh Grant), ambitieux membre du parti libéral au Parlement britannique, est sur le point de devenir vice-Premier ministre. Son ami, le député Peter Bessell, est prêt à le soutenir en cas de besoin. L’un et l’autre ne font pas mystère de leurs préférences homosexuelles, passagères ou au contraire confirmées, mais s’ils en plaisantent à mots couverts, ils sont tous les deux conscients que ce type de relation pourrait briser leur carrière à Westminster. D’autant que l’homosexualité est toujours pénalement poursuivie au Royaume-Uni à afin des années 60.

Secrets et complot politique

Tombé sous le charme d’un jeune homme rencontré à la campagne, Jeremy Thorpe accepte de l’héberger lorsque ce dernier arrive à Londres. Tout va pour le mieux jusqu’à ce que leur relation s’étiole. Le ton monte entre les deux hommes et Norman Josiffe (Ben Whishaw), rebaptisé Norman Scott, décide d’aller porter plainte contre Jeremy Thorpe car, lui, n’a pas honte de ses préférences. Piqué au vif et désireux d’obtenir un document lui permettant d’assurer sa couverture sociale, Norman envoie une lettre à la mère de Jeremy : 17 pages pleines de détails précis sur leur relation. Le début d’un chantage qui menace la carrière de son ex-amant…
Basée sur le livre de John Preston, A Very English Scandal** est inspiré d’un fait divers réel qui a conduit ses protagonistes devant les tribunaux et a provoqué un scandale au Royaume-Uni.

Russell T Davies, scénariste et producteur audacieux (il est notamment à l’origine de la série Queer as folks et de l’épatante Years and Years ) démontre une nouvelle fois sa maestria en matière de création de personnages. Portés par cette intrigue haute en couleurs, l’élégant et ambitieux Hugh Grant et le facétieux et exalté Ben Whishaw (James Bond, The Hour) s’en donnent à cœur joie face à la caméra de Stephen Frears.
Accompagnés par Alex Jennings, dans le rôle du complice contraint, les trois acteurs britanniques forment un impeccable trio. La mini-série en trois épisodes se déroule sans temps mort, portée par une réalisation enlevée et élégante.

Certains s’étonneront peut-être du ton utilisé par la mini-série car toute cette histoire est relatée de façon détachée et humoristique comme s’il s’agissait d’un show pittoresque empruntant aux codes de l’espionnage, plutôt que d’un drame profondément humain. Le résultat est cependant bien trop brillant pour être snobé.
Produite par la BBC, la série a été diffusée aux États-Unis par Amazon.

Karin Tshidimba