malaterra.jpgThe Killing, Bron, Fargo, X-Files, Twin Peaks,…
Menacé par une pluie de renaissances, de séries dérivées et autres adaptations, l’amateur de séries a parfois l’impression que son univers de prédilection tourne en rond. Surtout, sous certaines latitudes.
Et on ne parle pas ici de séries «simplement» adaptées de romans, qui restent une source très officielle de développement sériel.
Non, on veut parler de la tendance à relancer des succès du passé et à mettre à la sauce « locale » une fiction qui jouit déjà d’un joli prestige international. Dernier exemple en date: Malaterra** de Jean-Xavier de Lestrade que l’on pourra découvrir sur AB3 (lundi 16 novembre à 20h) et France 2 (mercredi 18 novembre à 20h55). Où l’histoire d’un enfant, découvert mort sur une plage, donne lieu à une réinterprétation française après deux précédentes versions, britannique et américaine, toutes les deux baptisées Broadchurch

malaterra 2.jpgAprès la version britannique originelle Broadchurch, découverte en 2013 et acclamée à travers le globe, les Américains et les Français se sont emparés de ce scénario pour le réinventer sous leurs latitudes.
La tentative américaine s’est soldée par un échec, mais les Français (Simon Abkarian et Constance Dollé, ci-contre mais aussi Louise Monot, Nicolas Duvauchelle, Béatrice Dalle) espèrent bien tirer leur épingle du jeu, moyennant une importante réorientation de l’intrigue..

En septembre dernier, l’étude annuelle d’Eurodata TV Worldwide s’est notamment penchée sur cette nouvelle passion française pour l’adaptation, et ses résultats permettent de relativiser quelques «fausses impressions».

Dans le domaine de la fiction, les séries s’imposent avec plus de 3 700 nouveautés diffusées dans le monde en 1 an. Parmi celles-ci, les adaptations représentent 2% des lancements contre 41% de créations originales et 57% de programmes importés (achats). L’Amérique du Nord est la région qui adapte le plus, devant l’Europe de l’Est, puis l’Europe de l’Ouest.
L’Europe absorbe ainsi 37% des adaptations de séries produites et diffusées dans le monde.

En France, depuis 2010, le nombre d’adaptations (déjà lancées ou annoncées et pas encore diffusées) s’élève à… 21. Si on ne peut pas parler de raz-de-marée, en revanche, on note une accélération de la cadence car sur ces 21 adaptations, 12 sont attendues en 2015-2016: Sam, avec Mathilde Seigner en prof de collège rebelle (Danemark), The Sniffer (Ukraine), Last Tango in Halifax (GB), In the Club (GB), Rosemary and Thyme (GB), Little Mom (Israël) ou The End (Turquie) se déclineront bientôt à la mode française.
Quant à The Tunnel (Danemark), Falco (Allemagne), Disparue (Espagne), Le secret d’Elise (GB) ou Malaterra (GB), elles se sont déjà adaptées aux écrans de l’Hexagone. Un défi que les comédiens de Malaterra n’ont pas abordé avec trop d’appréhension comme l’explique ci-dessous l’actrice Constance Dollé qui porte avec beaucoup de sensibilité le rôle de l’adjudant-chef Karine Marchetti.

Si certains professionnels crient à l’appauvrissement et à la désaffection pour la création originale, d’autres, au contraire, pensent que ces succès étrangers vont permettre de convaincre les chaînes françaises récalcitrantes d’aborder de nouveaux horizons ou de se rapprocher du public jeune auquel elles souhaitent s’adresser en imitant certaines audaces étrangères. En espérant que, dans ce cas précis,  le public, attiré par le décor corse et l’empreinte de la tragédie de Malaterra, les suivra dans ce choix.

KT