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bloodline.jpgCoup d’oeil ce mercredi sur la méthode KZK,
une technique d’écriture à 6 mains qui est celle des fils temporels entremêlés – passé, présent, futur –
au service de personnalités retorses et de chemins de vie compliqués. Un style narratif à la fois original et riche qui permet d’éclairer toutes les facettes d’un personnage, les unes après les autres, et de démontrer que la réalité n’est jamais uniquement ce qu’elle semble être. Des entrelacs aux allures de Mikado géant nés de la rencontre de trois hommes: Glenn Kessler, Todd Kessler et Daniel Zelman (KZK).

Déjà à l’origine de la brillante Damages (récompensée aux Emmy et aux Golden Globes),le trio de scénaristes-producteurs a encore fait la démonstration de sa créativité avec Bloodline** que l’on a pu découvrir fin mars sur Netflix.

Cette maestria narrative est saluée ce mercredi lors de l’ouverture du Festival Série Series, qui se tient jusqu’au 3 juillet au château de Fontainebleau. Todd A. Kessler, également réalisateur de certains épisodes de la série, a été convié à y donner une masterclass.

Petit frère de Glenn, Todd Kessler a fait ses classes sur Les Soprano. Il lui en reste quelque chose à en juger par la façon qu’il a de dérouler des destins complexes et d’afficher une certaine fascination pour les parcours mafieux. bloodline 1.jpgC’est encore le cas avec Bloodline qui emploie ses 13 épisodes à pilonner patiemment son image de soap familial ensoleillé.

Dans le décor somptueux de l’archipel des Keys (Sud de la Floride) Bloodline relate l’histoire d’une fratrie au bord de l’implosion. Pas le genre de crise de nerfs au parfum gentiment bobo, non, le type de fiasco qui pourrait vous conduire tout droit en prison. Charriant un casting de feu, Bloodline propose des personnages fascinants : Kyle Chandler (Friday Night Lights) campe le très mesuré John, Ben Mendelsohn est l’insaisissable Danny, manipulateur à sang froid. Une famille où brillent encore Sam Shepard en patriarche autoritaire, Sissy Spacek en matriarche rayonnante, Lisa Cardellini (Urgences) en soeur fûtée et Norbert Leo Butz en jeune frère énervé. Mention spéciale pour le frère aîné des Rayburn (Danny) et le cadet (John) même si le père et le benjamin (Kevin) sont de la nitroglycérine en puissance.

Jouant à merveille sur l’ambiguïté initiale de la quête supposée de rédemption (Danny souhaite reprendre sa place au sein du clan), les KZK s’emploient ensuite à démontrer à quel point il s’agit d’une mission impossible. bloodline 3.jpgComme si la vie était une jungle dans laquelle on ne pouvait progresser qu’à grands coups de mensonges, de coups bas et de trahisons.
Comme s’il s’agissait d’accumuler les obstacles pour empêcher cette famille de renouer. Car, bien sûr, on ne réalise pas de série sur des familles heureuses…

Le trio déroule sa série comme on compose un puzzle en plaçant patiemment toutes les pièces qui forment le contour afin de donner d’emblée un aperçu du résultat final (dès les premières minutes de la série). Ensuite, il complète patiemment les espaces restés vacants. Chaque épisode s’attachant à relancer l’intrigue et à s’enfoncer toujours plus avant dans la mécanique du drame. Un sujet qu’abordera largement la masterclass de ce mercredi (15h30).

 

La particularité du Festival Série Series qui projette les premiers épisodes de Bloodline à 14h30, est de se concentrer sur les créations européennes et seulement celles dont les équipes créatives acceptent de venir partager leur savoir-faire avec le public.

Si l’événement est largement dédié aux professionnels, il accueille aussi le grand public qui a accès à 90% de la programmation et se voit fixer certains rendez-vous particuliers: séances de dédicaces, concours, concerts, etc.
KT

nb1: Rens. et programme à trouver ici

nb2: le tournage de la saison 2 de Bloodline devrait démarrer cet été