rosemary's baby 1.jpgIl est grand temps de reparler de Rosemary’s baby*, la mini-série (4 x 52 ou 2x 90 minutes) tirée du roman homonyme d’Ira Levin, développée ce mois-ci par NBC.
L’idée faisait frissonner d’avance car vouloir se mesurer au film qu’en a tiré Roman Polanski pouvait sembler parfaitement illusoire.
Mais le choix des scénaristes, Scott Abbott et James Wong, de localiser l’action à Paris plutôt qu’à New York, semblait promettre de donner une nouvelle identité visuelle à ce drame filmé par Agnieszka Holland.

Un peu à la façon dont les séries Bates Motel, l’an dernier et Fargo, tout récemment, se nourrissaient des films qui les ont inspirées pour se réinventer un nouveau destin.
Avec Zoe Saldana, Patrick J. Adams, Carole Bouquet et Jason Isaacs au casting, et un tournage relocalisé dans les beaux quartiers de Paris, on était en droit d’espérer si pas une totale réinvention, du moins une nouvelle inspiration.
Malheureusement, à l’arrivée, on a quand même dû déchanter.

Certes, Zoe Saldana est attachante en jeune épouse très amoureuse, tentant de remettre son couple sur les rails après le choc de sa fausse couche et la panne d’inspiration flagrante dont souffre son conjoint, écrivain. Mais l’époux en question (Patrick J. Adams) est un peu pâlichon, voire même franchement évanescent par moments, laissant à sa moitié le soin de porter toute l’intrigue sur ses épaules.
rosemary's baby 2.jpgQuant au fameux couple des Castevet (Carole Bouquet et Jason Isaacs, photo), dont les largesses et l’amitié peuvent sembler d’emblée suspectes, ils se révèlent bien plus envahissants que réellement inquiétants.
Certains éléments traditionnels des films d’horreur (le chat noir, l’amulette, le grimoire) pourront même faire sourire, mais on n’en dira pas plus pour ne pas gâcher le « piment » de la découverte.

Au final, si on suit cette intrigue sans réel déplaisir, on ne sent pas bouillir la passion et l’histoire ne parvient pas à se réinventer suffisamment pour faire oublier son modèle initial. Pire: des moments-clés du récit (la corruption de Guy et la mainmise des Castevet, les prémices inquiétants de la grossesse de Rosemary) sont trop faiblement exploités pour créer l’angoisse. Ceux qui connaissent le film de Polanski ne seront guère surpris, quant aux autres, pas sûr qu’ils soient réellement inquiets…

En évoquant le lancement de cette mini-série, on notait l’ombre gênante que faisait planer sur elle 666 Park Avenue proposée sans succès l’an dernier.

Cette mini-série prouve en tout cas que la question de la fidélité au modèle original est toujours délicate à trancher en cas de remake. Et que face à un monument de l’épouvante, mieux vaut tout de même chercher à surprendre…
KT