profilage 2.jpgLa 15e édition du Festival de la Fiction TV de La Rochelle s’est achevée ce samedi soir. Elle salue un renouvellement partiel de l’offre de la fiction francophone. Effort à poursuivre, donc…

On l’a vu avec Profilage (photo) et Falco, le modèle US n’est plus le seul à pouvoir s’imposer en télévision française (et belge). D’autres histoires sont possibles, d’autant plus attachantes ou intrigantes qu’elles portent le sceau de l’originalité. En imaginant des héros hors des rails, inadaptés, fantasques ou simplement déphasés, les créateurs (et surtout les diffuseurs qui les ont laissé faire) ont touché le public avec des propositions séduisantes à la saveur unique. Au diable, le formatage, l’heure est la disparité. L’idée n’est pas neuve mais le voeu est, jusqu’ici, resté plutôt pieu.
En parvenant à inscrire deux séries au palmarès du Festival de La Rochelle, TF1 prendra-t-elle conscience que le temps des copiés-collés à la sauce américaine est révolu? Et qu’il importe de tourner la page, comme ce sera prochainement le cas avec la matriarche Julie Lescaut ? On croise les doigts.

Sacrée meilleure nouvelle série de l’année par le public, Falco est une série d’inspiration européenne. A la base, c’est en effet l’adaptation d’une fiction allemande à l’univers très particulier puisque son héros se réveille au bout de 22 années de coma. Falco était déjà assuré d’une nouvelle saison mais ce prix rochelais tombe à point nommé pour relancer l’équipe, réunie autour de Sagamore Stévenin.

Profilage, qui a connu évolutions et tâtonnements, est parvenue en ce début de saison 4 à imposer son style unique autour du personnage solaire et extrêmement attachant incarné par Odile Vuillemin. Née dans l’imagination des scénaristes Sophie Lebarbier et Fanny Robert, la jeune femme, longtemps qualifiée d’ovni par la critique, semble aujourd’hui «parfaitement identifiée» par son public, comme elle s’en est d’ailleurs réjouie samedi soir à La Rochelle.

la source 2.jpgMême si certaines fictions abordent des sujets plus en pointe comme La source, proposée hors compétition par France 2 – autour du thème de l’espionnage et de l’ennemi intérieur (photo) -, on mentirait en disant que la fiction française a rompu avec tous ces vieux démons. La sélection 2013 a en effet charrié son lot de sujets « concernants » et de bons sentiments, ainsi que ses réalisations un peu trop appuyées. Des défauts compensés en partie par une réjouissante pépinière de jeunes (ou moins jeunes) talents.

Tête d’affiche au rayon découvertes: Que d’amour, une comédie pleine d’élan et de charme directement inspirée du « Jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux. Où Valérie Donzelli est parvenue à tisser une partition subtile entre télévision et théâtre avec la troupe de la Comédie-Française, pour le compte d’Arte. Ce qui lui vaut le prix de la direction artistique.
Cette même troupe est à l’oeuvre dans Meurtre en trois actes de Claude Mouriéras, projet porté par France 2. Sacré meilleur téléfilm 2013, il vaut une mention à l’acteur Hervé Pierre.

La discussion fut âpre afin de départager les fictions européennes et internationales en compétition. Mais le jury a finalement choisi Generation war, mini-série allemande que l’on pourra bientôt suivre sur Be tv. Quant à l’impressionnante Orphan black (G-B), elle hérite d’une mention spéciale.
Pas de prix en revanche pour la série belge A tort ou à raison mais la RTBF ne repart pas bredouille puisqu’elle est associée au succès de Profilage et aux deux prix glanés par la série Vaugand: meilleur scénario pour Jean-Luc Estebe et Vincent Lambert, et meilleure interprétation masculine pour Olivier Marchal. L’acteur y campe avec conviction un avocat en lutte contre ses propres démons.

Doublé de prix aussi pour C’est pas de l’amour drame qui pointe les ravages de la violence conjugale. Tant la réalisation de Jérôme Cornuau que l’interprétation de Marie Guillard, aux côtés de notre compatriote Déborah François, ont été salués par le jury. Une fiction qui bénéficiera en outre d’une distribution privilégiée dans les lycées de Poitou-Charentes.
Les collégiens, quant à eux, ont plébiscité Ma vie au grand air une comédie qui, sous couvert de changement de cadre, aborde les préjugés très tenaces autour du mariage gay.
Enfin, Des frères et des soeurs, autre virée mémorable développée par France 2, a été sacré meilleur téléfilm de comédie.
Autant d’histoires attendues sur nos écrans dans les prochains mois.

KT, à La Rochelle

mise à jour (17/10): Le duo Olivier Marchal – Antoine Duléry mis en lumière dans la fiction Vaugand a séduit le public de France 2 hier soir. 4,36 millions de curieux ont suivi les démêlés de l’avocat pénaliste mû par un désir de vengeance. De quoi sans doute le transformer en personnage récurrent.