Alcatraz.jpgAlcatraz, l’île, sa prison.
Lorsque démarre l’intrigue, on apprend que 302 prisonniers et gardiens du fameux pénitencier d’Alcatraz ont mystérieusement disparu sans que nul ne sache ce qui leur est arrivé.
Cinquante ans plus tard, un premier prisonnier, considéré comme mort, réapparaît; il n’a visiblement pas du tout vieilli. Sa soif de vengeance le fait bientôt croiser la route de la police, qui ignore tout de son identité. Au contraire d’Emerson Hauser (Sam Neill), mystérieux « agent spécial » du FBI, ou du Dr Diego Soto (Jorge Garcia), spécialiste de l’histoire d’Alcatraz.
Rapidement,
les indices découverts par la jeune enquêtrice Rebecca Madsen (Sarah Jones) – dont l’histoire familiale est également étroitement liée à l’île –  laissent entrevoir un « complot » d’une certaine ampleur.

Semblant vouloir éviter le syndrome de « Lost », JJ Abrams sème d’emblée de multiples cailloux et l’amateur de séries se retrouve bientôt avec une pluie de références en tête: « Les 4400 », « Fringe » et surtout “Lost”. Mais, malgré de nombreux points communs -­ l’île, un solide mystère, des disparitions inquiétantes, des flash-backs et des questions sur l’espace-temps avec, en prime, le compositeur Michael Giacchino, le réalisateur Jack Bender, la scénariste Elisabeth Sarnoff et l’acteur Jorge Garcia – ­Alcatraz* se distingue nettement de « Lost ».
Enquête au parfum fantastique, la série fonctionne par révélations successives. A chaque épisode, sa nouvelle quête d’un prisonnier «réapparu». Ce procédé, efficace et grand public, a forcément ses limites en matière d’originalité et de suspense. Et on regrette que le décor principal, qui donne son nom à la série, soit sous-exploité. Surtout lorsqu’on songe à la façon dont le potentiel de l’île a été sublimé dans «Lost»…

Le pilote, déjà, dénotait un certain manque d’ambition que l’on ne pouvait pas uniquement mettre sur le compte d’un tapage médiatique outrancier. Pourtant le mythe d’Alcatraz méritait bien une série. Prison fédérale réputée «inviolable» en raison des puissants courants marins qui enserrent la baie de San Francisco, elle servit de lieu de résidence unique aux plus fameux criminels américains, parmi lesquels Al Capone. Le 21 mars 1963, l’ancien fort militaire ferma définitivement ses portes après 30 ans de bons et loyaux services. Et ce lieu «dont on ne s’évadait pas» est aujourd’hui traversé par des milliers de touristes chaque année.

Arrivée le 16 janvier 2012 sur la Fox, Alcatraz a rapidement attiré critiques et grand public. Il faut dire que son pedigree ne manque pas de panache. A la production, on retrouve en effet l’un des créateurs les plus influents du moment: Jeffrey Jacob Abrams, père d’Alias, de Lost et de Revolution (entre autres). Quant au générique, il aligne des habitués des grand et petit écrans: Sam Neill (Jurassic Park, Les Tudor), Jorge Garcia (ex-Lost) et Parminder Nagra (ex-Urgences).

Au fil des épisodes pourtant, les faiblesses de casting et d’intrigues se multiplient faisant craindre aux fans un sérieux ternissement de l’aura de de JJ Abrams. Bien moins coûteuse que Lost ou que Fringe, Alcatraz semble aussi nettement moins inspirée. La volonté de JJ est de «permettre au public de rentrer plus facilement dans l’intrigue», comme il l’a précisé dans une interview. Soit. En revanche, les réponses concernant le mystère principal: quelle organisation se cache derrière ces disparitions-réapparitions; quel est son objectif ? Comment procède-t-elle «techniquement» ? «viendront lentement» promettait le producteur.

Trop lentement a dû estimer une partie du public américain qui a délaissé la série quelques semaines seulement après son démarrage, la condamnant à l’annulation à court terme. Comme « Undercovers », autre production de JJ Abrams, avant elle. Au terme de 13 épisodes, l’aventure s’arrête donc sans apporter de réponse d’ensemble. A vous de voir si vous voulez l’entamer ou pas… Après Be tv en mars dernier, La une entame la diffusion des 3 premiers épisodes ce mardi à 20h20.
KT