whitechapel.jpgLe crime, c’est comme la grippe: ça n’attend pas. A peine le temps de se souhaiter une bonne année que voilà déjà les premières victimes annoncées dans le quartier de Whitechapel**. Elles seraient au nombre de quatre, toutes membres de la même famille…
Face à cette hécatombe, Arte n’aura pas d’autre choix, jeudi soir, que de faire appel aux inspecteurs Chandler et Miles, un duo découvert en 2009 et recontacté début 2012 pour une nouvelle salve de trois enquêtes inédites. Leur flegme et leurs méthodes originales leur ont valu un succès certain, auprès du public européen comme britannique, si bien qu’ils s’attaquent cette année à une double ration d’aventures et de mystère: six épisodes déclinés trois jeudis d’affilée.

Mais, avant tout chose, rappel des épisodes précédents…

Toujours flanquée de leur consultant très spécial, Edward Buchan (Steve Pemberton), passionné d’Histoire criminelle et grand connaisseur des méfaits de Jack L’éventreur, l’équipe de Whitechapel fonctionne un peu « à la manière de » de « Cold case »: même si la série ne vise pas à élucider un crime intervenu dans le passé, mais bien à cerner un ancien mode opératoire, afin de coincer un criminel opérant de la même manière dans le Londres d’aujourd’hui. Qu’il s’agisse d’imitations volontaires, ou non, d’ailleurs. C’est ce côté « anachronique et tordu » qui donne son cachet particulier à ce polar classieux aux atmosphères contrastées.  

Dans la première saison, le jeune capitaine Chandler (Rupert Penry-Jones), homme méthodique et maniaque, sujet aux tocs en cas de stress, se retrouvait aux prises avec un imitateur de Jack l’éventreur, meurtrier qui bâtit sa sinistre légende dans le quartier pauvre de Whitechapel en 1888.

 

Dans la saison 2, quelqu’un semblait vouloir honorer la mémoire des redoutables frères Kray, qui firent trembler le Swinging London des années 60. Pour l’équipe du capitaine Chandler, qui avait laissé s’échapper le premier imitateur, cette affaire sonnait l’heure de la revanche : l’occasion de redorer leur blason mis à mal par cette sordide affaire. En s’attaquant à la légende des frères Kray, qui ensanglantèrent l’East End tout en fascinant politiciens et vedettes, le capitaine Chandler et ses hommes n’allaient-ils pas, une fois encore, s’attaquer à plus forts qu’eux ?

Atmosphère trouble, pavés humides et brumes mortelles sont la marque de fabrique de cette série, lancée par ITV en 2009, qui explore l’histoire policière et judiciaire britannique. Si la première saison faisait la part belle à l’alliance contre nature entre un vieux briscard (le lieutenant Miles, campé par le savoureux Phil Davis) et un jeune dandy maniaque, obsédé par la psychologie et les méthodes d’analyses criminelles modernes, la saison 2 voit les deux hommes faire contre mauvaise fortune (l’imitateur leur a échappé, ruinant leur réputation dans le même élan) bon cœur (chacun veut laver son honneur). 

Entre troubles obsessionnels compulsifs et paranoïa, les deux hommes ont fort à faire pour garder leur enquête sur les rails. Après un début un peu tâtonnant, la série britannique a gagné en profondeur gâce à cette exploration plus « personnelle » de ses personnages, offrant là le meilleur « atout charme » d’une série volontiers impressionniste. Les scénaristes Ben Court et Caroline Ip soignent particulièrement les atmosphères crépusculaires de chaque saison.
En découvrant la troisième salve, ce jeudi, on jugera sans surprise que cette série, comme le bon vin, s’améliore au fil des ans.

KT