Affûtez vos papilles, Be tv ouvre ce jeudi 6 à 20h55, son traditionnel buffet séries, avant-coureur des diffusions à venir (en décembre, janvier et février).

kaboul_kitchen.jpgAu menu: Homeland***, excellent thriller paranoïaque de l’Amérique post-11-septembre
Kaboul Kitchen**, comédie française qui singe la vie des expatriés en Afghanistan
Luck**, série racée du trio David Milch – Michael Mann – Dustin Hoffman
et, enfin, Engrenages***, la saison 4 du brûlot policier et judiciaire made in Canal. Pas sûr qu’après cela, on aura encore la place pour un dessert.

On a déjà parlé ici de l’impeccable prestation de Damian Lewis et Claire Danes dans Homeland, qui leur a valu d’être couronnés lors des derniers Emmy Awards (cf. note précédente), ainsi que du lancement de la deuxième saison, toujours en cours de diffusion aux Etats-Unis, suivie de l’annonce de la saison 3 (cf. note précédente).
On va donc se concentrer sur les trois autres spécialités proposées, à commencer par Kaboul Kitchen.

Sur le papier, l’idée était brillante : un homme (Gilbert Melki) se régale avec son business de resto-piscine en plein cœur de Kaboul, offrant aux expat’ tout ce qui leur manque au pays des Mollah : côtelettes, alcool, détente et filles en bikini. Mais le petit royaume de Jacky prend un sérieux coup dans l’aile avec l’arrivée de sa fille Sophie (Stéphanie Pasterkamp), jeune idéaliste, soûlante et inexpérimentée, qui veut se lancer dans l’humanitaire.
Rapidement, la situation se tend entre les deux « ressortissants français » d’autant qu’ils n’ont jamais vécu sous le même toit. Si l’on ajoute à cela, 
Simon Abkarian en colonel Amanullah, Afghan ombrageux, à la fois homme politique, parrain mafieux et trafiquant de drogue, très intéressé par le petit commerce de Jacky, on tient là un casting sacrément festif.

Mais si la série réussit à montrer l’Afghanistan sous un jour plus complexe et moins caricatural que bien des reportages en télévision, elle peine cependant à maintenir le cap annoncé et se révèle souvent plus « brouillonne » que réellement drôle. Comme si elle péchait à exploiter réellement le second degré et que le scénario progressait par sketches au lieu de proposer une ligne burlesque et réellement décapante.
Pourtant, entre les extrémistes religieux, les humanitaires utopistes ou perfides, les profiteurs de guerre et les trafiquants en tous genres, il y avait largement de quoi faire des portraits savoureux. La faute en revient, en partie, aux seconds rôles, comme souvent, insuffisamment étoffés et creusés. Par manque de budget sans doute.
En revanche, les trois rôles principaux tirent soigneusement leur épingle du jeu au fil des 12 épisodes inspirés en partie d’une histoire vraie, celle du Français Marc Victor, restaurateur à Kaboul. Au final, Jean-Patrick Benes, Allan Mauduit et Marc Victor signent une comédie enlevée, malgré quelques coups de mous, mais
absolument pas détonante ou mordante comme l’auraient imaginée des Britanniques, par exemple.
Une seconde saison (12 épisodes encore) est en cours d’écriture pour un début de tournage au printemps. Reste à espérer qu’elle se donnera pour objectif d’exploiter encore mieux ce potentiel aussi iconoclaste que décapant.
KT

« Kaboul Kitchen » est proposée ce jeudi à 21h50, après « Homeland » dans le buffet séries de Be tv
La saison 1 est déjà disponible en DVD: Studio Canal, coffret 3 dvd, env. 25€