the americans.jpgEst-ce l’effet Skyfall, spécial 50 ans de 007, ou les suites logiques de l’après-11 septembre ? Les projets sur les agents secrets ou dormants bourgeonnent aux Etats-Unis.
Après «Alias» ou «Sleeper Cell», on attend en effet Legends, la nouvelle série d’Howard Gordon (24h, Homeland) pour la chaîne TNT et The Americans qui démarrera en janvier sur FX.

La première s’inspire du livre de Robert Littell et repose sur la personnalité d’un agent double capable d’accaparer n’importe quelle identité. A la façon du « Cameleon » avant lui ? Difficile de le dire d’autant que l’acteur Brendan Fraser (La Momie) pressenti pour endosser le rôle principal de « Legends » a récemment abandonné le projet pour «divergences artistiques»… C’est Sean Bean, célèbre Eddard Stark des débuts de Game of Thrones qui le remplace dans ce rôle polymorphe. (mise à jour du 5/12)

La seconde, nettement plus avancée, est en pleine production. D’aucuns affirment d’ailleurs que The Americans est la réponse du berger FX à la bergère Showtime face au succès insolent de son thriller patrio-politique Homeland. C’est vrai que l’on retrouve dans « The Americans » l’idée du complot, de l’ennemi intérieur – le couple Jennings habite dans la banlieue de Washington -, et la personnalité trouble puisque ces deux agents du KGB feignent d’être de simples citoyens américains même face à leurs enfants, qui ne savent rien de leur véritable identité, ou de leur métier.

Le projet, conduit par Joe Weisberg (Falling Skies) et Graham Yost (Justified), repose sur le couple formé par Keri Russell (Felicity, Mission Impossible III), disparue depuis quelques temps des radars, et Matthew Rhys (Brothers & sisters) en agent infiltré et actif, secrètement séduit par l’American way of life.
Là où la démonstration est moins probante, du moins au vu du premier épisode, présenté lors du dernier Mip TV à Cannes, c’est dans la relation que sont censés entretenir cet homme et cette femme habitant ensemble depuis plus de dix ans et ayant eu deux enfants. Il faut l’irruption d’un péril extérieur majeur pour que des sentiments semblent soudainement jaillir au sein de leur «couple», ce qui pourrait rendre leurs futures missions nettement plus périlleuses.

Heureusement, l’intrigue s’épaissit grâce à de nombreux flash-backs, et semble promettre des développements intéressants lors de son lancement en janvier prochain. En effet, on ne peut nier le potentiel offert par l’époque (les années 80) et le contexte politique (la guerre froide) auquel s’ajoutent les nombreux périls qu’implique l’installation d’un agent du FBI, pas très discret (Noah Emmerich), en face de la famille Jennings. Une bande annonce est désormais disponible qui permet de se faire une petite idée de l’ambiance de la série…

Au-delà de l’espionnite aiguë – reflet d’une certaine paranoïa post-11-septembre ? – la période semble aussi inspirer la télévision d’aujourd’hui puisqu’on a appris vendredi que l’acteur Mark Wahlberg (Ted, Les Infiltrés) produira prochainement pour HBO le pilote de The Missionary, une série qui se déroule également pendant la Guerre froide. Son héros, Roy (Benjamin Walker, vu dans «Abraham Lincoln, chasseur de vampires») est un jeune homme embarqué presque malgré lui dans une sombre affaire avec la CIA, après avoir aidé une jeune femme à fuir Berlin Est, dans les années 60. A la plume, on retrouve Charles Randolph, scénariste de «L’interprète».

Espions, agents doubles et contre-espionnage, l’idée est-elle de se méfier toujours plus de ses voisins?
KT