Lundi soir, on découvrait « No limit », nouveauté proposée par RTL-TVI, avant TF1. Première d’une longue liste de fictions produites par Luc Besson pour la télévision. 
no-limit.jpgBeaucoup de bruit pour pas grand chose, c’est sans doute ce qui résume le mieux l’impression que l’on retire de la vision de No limit* nouvelle série de TF1. Coscénariste et producteur, Luc Besson n’a pourtant pas lésiné sur les moyens et enchaîne les cascades comme d’autres enfilent les perles. Et l’on ne pourra pas reprocher à son projet de manquer d’ambition ou de moyens. Mais de crédibilité et d’humour, en revanche, oui.

Au final, il faut en effet pas mal d‘indulgence pour accepter de suivre les aventures de Vincent Elbaz, alias Vincent Libérati, agent sous-couverture, actif au sein du projet Hydra. Il faut accepter par exemple qu’il mène la plupart de ses missions les plus périlleuses tout en gérant la crise d’adolescence de sa fille Lola et en tentant de recoller les morceaux avec son ex-femme Alexandra.

S’il accepte toutes ces «missions impossibles», c’est dans le but de pouvoir bénéficier d’un traitement expérimental pour tenter d’endiguer sa tumeur au cerveau. Car, sans cela, il serait condamné à très court terme (6 mois – un an). On comprend très vite aussi que bien que son quotidien soit très loin d’être glamour, la série tente de rester légère d’où le recours à un humour malheureusement plutôt balourd…

Tout ceci ne serait pas bien « grave » (la mini-série ne compte que six épisodes débités au cours de trois soirées*) si «No limit» n’était l’avant-poste d’une déferlante majeure concoctée par Besson au sein de la division TV de sa maison de production Europacorp.
En septembre dernier, TF1 annonçait en effet la mise en écriture d’une adaptation pour la télévision de la célèbre saga cinématographique des «Taxi» qui, en juillet, parvenait encore à rassembler 5,2 millions de fans devant leur téléviseur. Le pilote qui prend New York pour cadre est déjà prêt, la suite (12 épisodes de 52 minutes, tournés en anglais pour faciliter l’export) est en développement. Titre annoncé: « Taxi: Brooklyn South ».

Ce choix, dans le chef de Besson, s’explique par la rapidité d’exécution reconnue de la télévision et par les moyens mis à sa disposition, surtout après plusieurs résultats décevants au cinéma. Quant à TF1, elle affirme ainsi sa volonté de développer des projets d’autant plus aisément exportables sur le marché étranger qu’ils jouissent déjà d’une certaine notoriété.
Avec Jean Reno, tête d’affiche de «A cop in Paris» et Sagamore Stevenin annoncé dans «Falco», la première chaîne française rompt du même coup avec une longue litanie de héros féminins (Julie Lescaut, Joséphine ange gardien, Alice Nevers, Diane femme flic, etc.)

Quant à Luc Besson, il prouve sa capacité à gérer son portefeuille de fictions, puisqu’à côté des nouveautés créées en association avec TF1, il développe aussi l’adaptation d’autres de ses succès au cinéma. On attend en effet, d’ici la fin de l’année, l’arrivée du «Transporteur» sur M6 (12 x 52minutes), production également réalisée en anglais. Tirée de la trilogie du même nom, elle réunit le Britannique Chris Vance (dans le rôle titre), François Berléand (qui reprend son rôle de l’inspecteur Tarconi) et Delphine Chanéac, entre autres.
Dotée d’un budget de 36 millions, la série a été tournée à Berlin, Nice, Marseille, Paris et Toronto, pour toute la partie en studio. Déjà diffusée en Allemagne, elle est attendue au Canada, en Espagne, en Italie, aux Etats-Unis et au Japon, mais aussi en Belgique sur RTL-TVI.

Enfin, la télévision publique n’est pas oubliée puisque France Télévisions aura droit à son adaptation en série animée d’Arthur et les minimoys. 52 épisodes de 13 minutes qui seront diffusés a priori sur France 3.
KT

* diffusion: tous les lundi, à 22h sur RTL-TVI & dès le 15/11 sur TF1