the knick edwards.jpgCe vendredi soir, Cinemax (cousine d’HBO) va lancer la saison 2 de The Knick***, la série de Steven Soderbergh qui passe au rayon X l’idéal (social) américain et les avancées de la médecine au début du XXe siècle.
Portée par l’interprétation survoltée de Clive Owen, cette fiction a beaucoup fait parler d’elle. Pour son incroyable esthétique, sa réalisation enlevée mais aussi son côté abrupt en salle d’opération et dans les relations humaines : hommes – femmes, Blancs et Noirs…

Andre Holland qui campe le Dr Algernon Edwards, rival du Dr Thackery (joué par Clive Owen) fait le bilan de la saison passée (elle s’achève ce samedi soir sur Be Séries) et éclaire celle à venir. Où il est question du reflet que le passé projette sur le présent.

« Je viens d’une toute petite ville (Bessemer, en Alabama, NdlR) et le racisme y était un vrai problème. J’ai vu ses effets sur la génération de mes parents mais aussi sur ma vie », explique Andre Holland alias le Dr Algernon Edwards, chirurgien de talent formé en Europe, dont le seul « défaut » est… d’être Noir.
the knick 5.jpg« Je me sens vraiment bien de pouvoir jouer un personnage qui s’élève contre les discriminations et les différences sociales, d’être une sorte de ‘croisé’. Cela me rend fier car beaucoup de personnes tenues à l’écart, comme Algernon, ont réussi à s’imposer à leur époque. Et c’est vraiment formidable de pouvoir lui donner vie. Porter ce personnage en moi durant 4 mois a changé ma façon de voir les gens et de réagir.« 

Au-delà de la peinture historique, « j’aimerais que les gens voient que cette série nous parle d’aujourd’hui. De nombreux parallèles peuvent être tracés, notamment sur la question du racisme. L’épisode 7 (de la saison 1, NdlR) décrivait des scènes d’émeutes dans la ville. Il peut nous faire penser à d’autres événements qui se sont déroulés il y a six mois à peine. C’est le cas aussi pour les questions d’immigration qui sont aiguës aujourd’hui. Nous essayons de réaliser une série de qualité sur une période particulière de l’Histoire mais nous voulons aussi que cette série parle de ce que nous sommes et de ce que nous vivons aujourd’hui. »

« Comme moi, beaucoup de personnes ignoraient ce que c’était de vivre à cette époque-là pour tous les immigrés et pour les Noirs en particulier. J’ignorais qu’il y avait eu tant de médecins, de professeurs et de facultés pour les Noirs en 1900, comme dans le Tennessee. Je vis à Soho aujourd’hui, un quartier où je suis vraiment en minorité en tant que Noir mais c’était était le coeur de Little Africa à l’époque. Tout cela, je l’ai appris grâce à la série. »

the knick 6.jpgCertaines scènes de chirurgie, réellement impressionnantes, peuvent décourager le public.
« Steven Soderbergh voulait montrer la réalité telle qu’elle était à l’époque. Il n’a pas cherché à minimiser le racisme ou le sexisme, il ne voulait donc pas non plus montrer la médecine sous un jour plus propre ou plus doux que dans la réalité. La chirurgie est le miroir de la façon dont les autres thématiques de la série sont abordées. »

« Steven travaille très rapidement », poursuit-il. « Quand on arrive le matin, pour le maquillage et les costumes, il est déjà là, prêt avec sa caméra. Cela nous rapproche du rythme du théâtre ou on transpire et on enchaîne scène après scène. Steven travaille si vite qu’on ne passe pas des heures entières à attendre. C’est vraiment une expérience unique. C’est compliqué car sur certaines scènes, vous faites de vraies sutures pendant que le sang envahit le champ opératoire et que vous devez vous concentrer sur votre texte. A la fin de la journée vous êtes physiquement épuisés : mal au dos, au pied, aux mains… C’est un challenge physique et un exercice passionnant. »

Et qu’en est-il de la saison 2 ?

« Nous sommes tous plus détendus car nous connaissons la mécanique. La première saison était très intense avec le stress de voir Steven Soderbergh si impliqué sans vraiment savoir comment cela allait se passer et à quoi la série allait ressembler. Maintenant nous pouvons plonger encore plus profondément dans l’histoire de nos personnages, donc il y a un côté nettement plus humain qui émerge. On passe aussi plus de temps en dehors de l’hôpital. Sur cette saison, il flotte parfois un parfum de comédie romantique (il rit), on va découvrir davantage d’éléments sur le passé d’Algernon, notamment. Et la fin de saison va vraiment vous étonner », prédit-il

 

KT, à New York

nb: à suivre, l’interview de Clive Owen