in the flesh.jpgEst-ce l’effet de la crise? La crainte face à un dérèglement climatique de plus en plus affirmé, propice à voir se déclencher des catastrophes majeures? Une angoisse sourde face à l’instabilité croissante d’un certain nombre de nations susceptible de dégénérer en conflits ? Ou la sensation de péril imminent face à des dérives que personne n’a pu ou voulu endiguer (Tchernobyl, Fukushima,…) ? 
Toujours est-il que les scénarios catastrophes sont florissants.
Qu’ils imaginent l’humanité renvoyée des centaines d’années en arrière, sans électricité ou moyens de communication (Revolution), menacée par un mystérieux virus (Utopia) ou peuplée de morts-vivants (The walking Dead), l’engouement est bien présent…

On notera d’ailleurs que les deux filons les plus exploités sont ceux qui nous propulsent vers un futur proche (cela pourrait se passer demain) où la réalité nous échappe. Que ce soit au contact de Revenants face auxquels nul ne parvient à expliquer ni le pourquoi, ni le comment de leur retour. Ou face aux robots humanoïdes de Real Humans (à découvrir en avril sur Arte) qui inquiètent bien plus qu’ils ne rassurent les hommes avec lesquels ils cohabitent.

Sans même tomber dans les visions les plus catastrophistes (comme The walking dead ou American Horror story), on voit bien que l’épouvante se porte à merveille. Entre serial killers, psychopathes et pervers – chers aux séries policières – et univers déréglés en proie à une violence croissante, tout est fait pour insécuriser et interroger le (télé)spectateur.

Dernier exemple en date? In the flesh**, nouvelle série «spéciale zombies» signée Dominic Mitchell lancée la semaine dernière sur BBC3… Lorgnant davantage vers le climat des Revenants de Canal+ que sur celui des zombies d’AMC , elle ne dédaigne toutefois pas quelques scènes riches en hémoglobine et cervelle.

Intrigante, elle imagine un programme de réhabilitation des morts-vivants permettant de faciliter leur réintégration au sein de la société humaine, un peu à la façon de la «potion magique» proposée aux vampires de True Blood. Mais, bien sûr, ce programme pionnier (traitement du Syndrome de mort partielle, PDS en anglais) ne suffit pas à rassurer une grande partie de la population qui n’a rien oublié des précédentes invasions particulièrement meurtrières et se tient dès lors prête à retourner au combat…

Dans le premier épisode, on suit le jeune Kieren Walker, empli de remords face à ce qu’il a fait durant sa phase de «mort partielle» et très tourmenté à l’idée que tout cela puisse recommencer. On découvre aussi sa jeune soeur Jem qui, durant son «absence» s’est engagée au sein de la Human Volunteer Force (HVF), une milice déterminée à renvoyer les morts-vivants d’où ils viennent, sans autre forme de procès.
Les questions de la peur, de la délicate cohabitation entre hommes et morts-vivants, mais aussi des différences subsistant entre les deux communautés s’inscrivent au coeur de cette série déclinée en 3 épisodes. Sans oublier celles posées par la religion, car le pasteur de Roarton, membre-fondateur du HVF, est persuadé que ces morts-vivants sont le signe d’une fin des temps très proche.
Voici de quoi vous mettre dans le bain…

Pour rappel, à tous les amateurs du genre, le Bifff (Festival international du film fantastique de Bruxelles) démarre le 2 avril prochain et s’installe pour cette 31e édition dans le cadre prestigieux de Bozar, rue Ravenstein. Renseignements: www.bifff.org
KT