Humaine et sans esbroufe, cette série explore le mystères des milliers de disparitions volontaires enregistrées chaque année en France. A voir sur Auvio et La Une, ce jeudi à 20h30. Prochainement sur France 2
La patience et la ténacité de la commandante Esther Bazin (Alexia Barlier) ont été beaucoup trop mises à l’épreuve. Elle démissionne pour pouvoir renouer avec sa famille: son mari Mathias et son fils Théo. Ils ont déménagé de Paris à Nantes pour « se retrouver » et travailler moins, mais Esther n’a pas vraiment respecté sa part du contrat. Est-ce pour cette raison que Mathias a soudainement disparu ?
Mathias étant majeur et « en pleine possession de ses moyens intellectuels et physiques », sa disparition est considérée comme volontaire, la police ne peut donc rien faire. En France, depuis 2013, une Loi stipule en effet que tout adulte sain d’esprit a légalement le droit de disparaître. Mais Esther ne s’avoue pas vaincue pour autant. Par hasard, sa route croise celle de bénévoles, devenus spécialistes des disparitions volontaires.
Des anonymes très débrouillards

Tout l’intérêt de cette série repose sur la mise en lumière de ce travail de l’ombre. Grâce à des personnes comme Douma (Foëd Amara) et Frankie (Faustine Koziel) membres actifs du GRDV (Groupe de recherche sur les disparitions volontaires), on découvre les méthodes de cette association civile qui compte plus de 500 volontaires dans toute la France. Et qui fait face à quelque 10 000 disparitions volontaires enregistrées chaque année.
L’appellation « Évaporés » provient de cas similaires survenus au Japon. Un terme qui prend tout son sens à travers le générique éthéré et graphique où l’on aperçoit des personnes en marche, vues de dos. Gros plans sur des pieds ou des épaules s’éloignant, tandis que l’image disparaît sous une nuée de pointillés..
Ce qui est intéressant, ce sont les contours très disparates de ce phénomène caché derrière des statistiques anonymes. Des réalités contrastées que la série, créée par Hélène Duchâteau, Mathieu Gleizes et Raphaël Luc, explore avec une grande sensibilité, subtilement mise en lumière par la réalisation soignée d’Émilie Grandperret et David Morley.
Une série qui ne parie pas sur la résolution de crimes, cela change. D’autant plus lorsque cette coproduction franco-belge (RTBF – France Télévisions) s’appuie sur une vraie épaisseur de personnages, touchants et chaleureux, et sur la richesse des thématiques abordées: problèmes d’argent, de santé, rupture familiale,… En insistant sur la détresse ressentie par les disparus, comme par leur famille, même de nombreuses années plus tard. Et en pointant les dérives possibles: charlatans, usurpation d’identité,…
Le résultat, d’une grande justesse, doit tout au trio formé par les nouveaux venus Foëd Amara et Faustine Koziel, inscrits aux côtés d’Alexia Barlier. Un condensé d’humanité rehaussé d’une discrète touche d’humour.
Karin Tshidimba
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