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Ce 9 juillet, Netflix propose une nouvelle adaptation du célèbre roman de Laura Ingalls, devenu une série iconique des années 70. Bonne idée ou pas ?

À bord de son chariot, la famille Ingalls (Charles, Caroline et leurs deux filles, Mary et Laura) quitte le Wisconsin et met le cap sur le Kansas. Un “nouveau départ” vécu comme une grande aventure, à la découverte “de terres gratuites, d’air pur et d’eau fraîche en abondance”, comme le promettent des prospectus sans doute très exagérés.

Plus de quarante ans après la fin de sa diffusion sur la chaîne américaine NBC, La Petite Maison rouvre ses portes dans la prairie. L’occasion de renouer avec l’une des plus célèbres familles des États-Unis, même si la diffusion de la série originelle se poursuit encore sur de nombreuses chaînes secondaires à travers le monde.

Alice Halsey reprend avec enthousiasme et fraîcheur le rôle de Laura Ingalls dans « La Petite maison dans la prairie » version 2026.

Nullement impressionné, Netflix s’attaque à un classique de la fiction télévisée familiale, qui a bercé plusieurs générations de téléspectateurs depuis son lancement en 1974 (1976, côté francophone). Au risque de décevoir celles et ceux qui ont adoré ces 205 épisodes d’épopée familiale bienveillante, couronnés de nombreuses récompenses.

Une vision plus adulte de l’Amérique des pionniers

Si l’on aborde la série avec une pointe de méfiance, au départ, force est de reconnaître que la nouvelle Petite Maison dans la prairie sait rapidement imposer sa petite musique originale. On retrouve les paysages qui ont marqué l’imaginaire collectif et l’atmosphère chaleureuse régnant entre les membres de la famille Ingalls, même si la série adopte d’emblée un ton moins feel good et enfantin. Le récit comporte clairement moins d’humour dans un premier temps. En cela, il est aussi plus fidèle aux romans de Laura Ingalls Wilder qui ont donné naissance à la première adaptation en série.

Il faut dire que ce récit de transhumance et d’installation fait état de pas mal de tensions au début de cette grande aventure, jalonnée d’épreuves en tous genres, mais aussi hantée par des mauvais souvenirs et des blessures anciennes mal cicatrisées. Une série qui se veut nettement plus lucide sur la façon dont l’Ouest des pionniers a été conquis au détriment des populations indiennes.

Caroline et Charles sont tous les deux hantés par leurs remords et leurs regrets. On perçoit les blessures, les doutes, les erreurs et les limites de ces “héros”, ce qui les rend moins “exemplaires”, même si Charles reste un très bon père de famille. Quant à Caroline, épouse et mère de famille pleine d’espoir, sa psychologie est davantage explorée à l’écran.

"A family stands together and looks off to the distance. "
« La Petite maison dans la prairie » avec Crosby Fitzgerald (Caroline), Luke Bracey (Charles), Skywalker Hughes (Mary) et Alice Halsey (Laura).

En résulte une version plus âpre, plus adulte où l’on perçoit bien que l’Ouest était une contrée régie par la foi, mais sans véritable loi, si ce n’est celle du plus fort, semblant s’imposer à tous.

Pas de générique bondissant et peu de pitreries ou de farces dans ce premier volet. En revanche, l’histoire reflète mieux la réalité de la vie des premiers pionniers : rêve et revers de fortune, alcoolisme et violence, préjugés et racisme, déplacement des populations indiennes, maladies et épidémies, difficultés financières, foyers désunis, sans oublier les souvenirs douloureux de la guerre civile qui semblent hanter tous les protagonistes… Un récit épique de survie, éclairé par des personnalités solidaires et déterminées, qui sera prolongé dans une saison 2.

Karin Tshidimba

La Petite Maison dans la prairie*** Épopée familiale Scénario Rebecca Sonnenshine Réalisation Kat Candler et Sydney Freeland Avec Luke Bracey, Crosby Fitzgerald, Alice Halsey, Skywalker Hughes,… Sur Netflix Le 9/07 (8 x 50 minutes)