Un nouveau chapitre en forme d’hommage à une génération souvent contrainte à se construire ailleurs. À voir dès ce lundi 29/06 sur Arte.tv
“Les femmes iraniennes, aussi, ont peur mais que peut-on faire à part résister ?” Pour Shadi (Ghazal Shojaei), comme pour nombre de ses semblables, renoncer n’est pas une option. Le parcours de la jeune femme de 21 ans épouse celui d’une partie de la jeunesse iranienne, poussée à l’exil afin de s’assurer une plus grande sécurité et une réelle liberté. Mais ce choix ne va pas sans renoncements ni regrets. Regret d’être séparé de ses amis et de sa famille, regret d’être forcé de grandir loin de chez soi, regret de voir son pays s’enfoncer dans la violence et le chaos.
Conçue pour être diffusée via les réseaux sociaux et toucher autant le public français qu’iranien, la série Happiness a fait ses premiers pas en ligne en 2021. On y suivait Shadi, 17 ans, déterminée à retrouver la trace de son père avant de prendre la route de la France pour y poursuivre ses études, selon le souhait de sa mère. La première saison se déroulait en 15 épisodes, récit en forme de road-movie avec un groupe de quatre amis tentant de se positionner entre tradition et modernité.

Quatre ans plus tard, voilà Shadi installée en coloc à Strasbourg, où elle tente de concilier job d’étudiant et perfectionnement de la langue française. En neuf courts épisodes, le créateur relate l’évolution de la jeune femme, de l’isolement et la mélancolie à la reprise du combat pour la liberté. Autre lieu, autres règles, l’obligation est donc toujours la même : évoluer et s’adapter.
Quoi qu’elle entreprenne, Shadi se sent “prisonnière” car elle vit en exil. “Je voulais aussi montrer le choc culturel vécu par une Iranienne qui tente de s’intégrer en France, avec des moments de friction et de décalage”, a expliqué Pouria Takavar, concepteur de la série. Au fil de cette nouvelle saison, un espoir renaît cependant.
Une expérience très personnelle
On peut parfaitement suivre cette saison 2, sans avoir vu la première, même si l’ensemble du voyage en vaut clairement la peine. Les nouveaux amis et nouvelles rencontres de Shadi font tout le sel de ce délicat passage vers l’âge adulte.
À peine plus âgé que ses personnages, et lui-même réfugié à Dubaï depuis trois ans, Pouria Takavar cerne avec beaucoup d’acuité les aspirations d’une jeunesse hyperconnectée, en quête d’un nouvel élan et de liberté, mais souvent forcée, par la reprise de la guerre, à tenter d’aller vivre ailleurs.
Cette saison 2, tournée loin de sa patrie, est dédiée au peuple iranien, “à ceux qui vivent loin de chez eux et qui craignent pour leurs proches et à ceux qui continuent de lutter ensemble contre l’oppression”.
Sur le même thème de l’exploration de l’espace de liberté en Iran, on pourra (re)découvrir la série The Actor, toujours disponible sur Arte.tv.
Karin Tshidimba
Happiness*** Chemin de vie Création Pouria Takavar et Yashar Alishenas Avec Ghazal Shojaei, Yasmine Fattahi… Sur Arte.tv 9 x 10 minutes
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