benkate.jpgRions-nous des même blagues qu’aux Etats-Unis? Pas sûr…
Cette rentrée 2012 s’annonce d’ailleurs comme un excellent test de nos divergences culturelles avec l’avalanche de nouvelles comédies annoncées depuis les screenings de mai. Une proportion particulièrement élevée, cette année (cf. la toute 1ère note de ce blog). Face au marathon de nouvelles séries programmées jusqu’à la mi-octobre, il importe donc de rapidement fixer ses priorités. Car évidemment, on ne pourra pas tout regarder. Un tri radical s’impose afin de ne pas s’embourber dans des voies sans issue. A chacun selon ses goûts, bien sûr, mais certains critères devraient rallier une majorité de voix.

D’abord, il y a les affiches qui se sabordent d’elles-mêmes, entre acteurs horripilants et récits improbables; ensuite, il y a toutes ces histoires qui ne parviennent pas à nous captiver, malgré tous nos efforts. On y reviendra. Enfin, il y a ces séries auxquelles on a apporté du crédit et on le regrette déjà. Vous voulez des noms? Pas d’inquiétudes, on va vous en donner…

Anger management, c’est le chèque en blanc délivré à Charlie Sheen, pourtant récemment viré de la série «Mon oncle Charlie», sur CBS, pour troubles de l’humeur et comportement déplacé. Dans cette sitcom où il campe un thérapeute pour «colériques anonymes» (vous saisissez l’ironie?), tout est dit dès le premier épisode, alors pourquoi s’acharner? On esquisse un sourire au bout de dix minutes, mais pour une sitcom qui n’en compte que 22, franchement, c’est faible. Les choses ne s’arrangent guère dans le deuxième, ni même dans le troisième opus. Donc, à moins d’être un fan absolu de Mr Sheen, mieux vaut passer son chemin. Mais visiblement, ce n’est pas l’avis d’une partie du public US, ni de la chaîne FX qui a annoncé la commande de… 90 épisodes supplémentaires (la première saison lancée cet été n’en comptait que dix). En bonus, Martin Sheen, le père, y jouera un guest de longue durée. Retour annoncé en janvier 2013. L’occasion de voir si nous partageons, enfin, les mêmes valeurs?

Partners. Dans les séries, les groupes de trentenaires ont toujours eu la cote. CBS essaie de renouveler l’exercice en imaginant deux couples, l’un hétéro et l’autre homo, unis par les liens indéfectibles tissés par Louis et Charlie au cours de leur enfance. Devenus architectes et associés, ils peinent à vivre sans l’approbation l’un de l’autre, mettant dès lors leur couple respectif en péril. Question: si le premier épisode, diffusé lundi soir, était déjà gentiment mou et convenu, qu’attendre des suivants ? Le public US n’a pas davantage mordu à l’hameçon malgré la présence au casting de Sophia Bush «révélée» par son rôle dans « Les frères Scott ». Si les audiences ne grimpent pas, pas sûr que les 13 épisodes annoncés seront diffusés.

Les choses se corsent avec le troisième exemple.
guy-with-kids.jpgCar, imaginons que vous soyez de tout jeunes parents, encore complètement déphasés par les nuits de folie que vous fait vivre votre nouveau-né. Dans ce cas, peut-être serez-vous touchés par le propos de Guys with kids*, lancée le 12 septembre dernier et qui, comme son titre l’indique, se penche sur le quotidien de trois jeunes pères. L’un est père au foyer de quatre solides loustics, l’autre est en couple et a un peu perdu le sens de la fête entre adultes, au profit des «loisirs extrêmes» proposés par la Wiii, et le troisième est tout jeune papa et fraîchement divorcé, deux situations difficiles à concilier. Ensemble, ils essaient de se filer des tuyaux pour être de bons pères sans oublier leur vie d’hommes, à côté. Les dialogues sont souvent bien envoyés (on entend les rires du public devant lequel le programme est enregistré en différé) ce n’est pas hilarant, mais certaines situations font forcément «mouche». NBC annonce 13 épisodes (de 22 minutes).

Rien à sauver dans cette première fournée?
Peut-être Ben & Kate**, sitcom lancée hier soir sur Fox (photo du haut). Soit l’histoire d’une famille bancale mais touchante liant un frère «qui n’a jamais grandi», sa soeur «qui a grandi trop vite» – en devenant mère à la fin de l’adolescence – et la petite Maddie, 5 ans donc, qui est peut-être bien la plus adulte des trois.
Ben a le chic pour faire irruption chez sa soeur Kate à n’importe quel moment et les embarquer, sa fille et elle, dans ses délires les plus improbables: qu’il s’agisse de voler le câble du voisin, d’emprunter une voiture pour la revendre, ou de kidnapper son amour d’adolescence pour l’empêcher de se marier. Ben est comme ça: un type irresponsable et spontané mais au coeur d’or. Un ensemble de «qualités» que s’apprête à découvrir Georges, premier copain sérieux de Kate depuis la naissance de Maddie. De son côté, Ben espère bien réussir à introduire un peu plus de légèreté et de folie dans la vie de sa jeune nièce…

Si la suite se révèle à la hauteur du premier épisode, il y aura sans doute de quoi rire et même s’attacher à cette drôle de famille recomposée. Les personnages sont aussi les mieux campés (par Dakota Johnson et Nath Faxon) des quatre séries citées.
A vous maintenant de vous faire votre propre opinion.

KT