Sélectionner une page

Adaptée du second roman de Margaret Atwood, la série revient observer une école de la future élite féminine de l’univers oppressant de Gilead. A voir sur Disney+ dès le 8 avril

Leurs coiffes blanches et longues capes rouges sont devenues les signes de ralliement de femmes du monde entier manifestant pour la sauvegarde de leurs droits. Une tenue devenue symbole de l’oppression de la République de Gilead, régime autocrate et totalitaire décrit en 1985 par Margaret Atwood dans son roman dystopique The Handmaid’s Tale (La Servante écarlate, en VF). Une trame transposée dans la série éponyme qui s’est éloignée du roman originel, mais résonne fortement avec le recul des droits des femmes observé sous de nombreuses latitudes aujourd’hui.

Toujours ancrée à Gilead, la série The Testaments*** met en scène le même régime oppressif, envahissant chaque recoin de la vie des jeunes filles jusque dans leurs pensées les plus secrètes. Librement adaptée du second tome, publié en 2019, elle retrace la suite des événements intervenus à Gilead, 15 ans après le premier roman. L’intrigue suit Agnès MacKenzie (Chase Infitini), fille de June Osborne (Elisabeth Moss), figure centrale de la résistance au sein de cet univers totalitaire. Une femme déterminée et résiliente dont on a pu suivre l’odyssée sur six saisons glaçantes.

Dans l’école fondée par Tante Lydia (Anne Dowd), les filles des commandeurs de Gilead sont poussées vers l’excellence.

Filles de commandeurs et nouvelles converties

À l’aube de son passage à l’âge adulte, Agnès fréquente l’école dirigée par Tante Lydia (Anne Dowd, fascinante) où chaque âge ou stade de développement a sa couleur. Rose pour les fillettes, violet pour les jeunes filles, vert pour celles qui sont devenues des jeunes femmes et sont “bénies” pour leur fertilité. Une étape qu’Agnès et ses compagnes attendent avec impatience. Même si son amie Beca, qui a déjà franchi ce cap, a l’air plus inquiète que ravie. Même les précieuses filles des Commandeurs, promises à un avenir glorieux, sont placées sous le joug impitoyable de l’inflexible Tante Vidala et de Tante Esthée.

L’école accueille aussi le groupe des Perles, tout de blanc vêtues, des jeunes filles souvent fugitives venues de l’extérieur de Gilead, des adolescentes nouvellement converties, rassemblées par Tante Lydia. Agnès se voit confier la tâche d’encadrer l’une d’entre elles : Daisy (Lucy Halliday), originaire de Toronto. Sous ses airs de piété, la jeune fille semble comploter. Le vent de la révolte s’apprête à souffler à nouveau sur Gilead…

Malgré son message essentiel, résonnant avec une actualité inquiétante, la série a été parfois trop complaisante dans sa mise en scène des violences faites aux femmes, principalement. Un parcours sanglant qui permet, toutefois, de mesurer l’impact délétère de ces brimades et actes sadiques sur la psychologie des habitants de Gilead. Pendaison pour les violeurs, langue coupée pour les blasphémateurs, main coupée pour les voleurs ou les hommes lubriques : la justice y est aussi expéditive que sanglante et brutale.

À travers ces nouveaux lieux et personnages, Bruce Miller, le créateur de la série, aidé par deux comédiennes impressionnantes, continue à observer les méandres de l’âme humaine et ses ressorts face à une adversité extrême. Présentée en ouverture du dernier festival Series Mania, la série est attendue ce mercredi 8 avril sur Disney+.

Karin Tshidimba