En 2020, le cinéaste espagnol se lançait pour la première fois dans l’aventure de la série avec un projet délicat: sonder les causes des violences policières. Un thème en prise directe avec l’actualité, bien au-delà de la péninsule…
Entre polar (Que Dieu nous pardonne, 2016) et thriller politique (El Reino, 2018), en passant par un western moderne oppressant (As Bestas, 2022), la palette de créativité de Rodrigo Sorogoyen impressionne. L’énergie et l’intensité de son cinéma ainsi que la pertinence de son regard social ont fait de lui, en quelques années, l’une des figures montantes du cinéma hispanique.
En 2020, le cinéaste a entrepris de coécrire une série avec sa complice habituelle, Isabel Pena. En six épisodes électriques, il y dévoile de façon très documentaire l’histoire d’une brigade de policiers anti-émeutes poursuivis par la justice après une expulsion qui a mal tourné. Sur le thème malheureusement répandu des bavures policières, Sorogoyen propose un récit puissant dépassant largement la question de la simple culpabilité (individuelle) ou de la responsabilité (collective).
Comment mieux gérer les débordements qui se multiplient, comment encadrer et former les « gardiens de la paix » ? Telles sont les questions qui hantent nos sociétés modernes où la précarité et l’injustice apparaissent comme autant d’éléments déclencheurs des hostilités potentielles. La série Antidisturbios*** y apporte des réponses multiples et confirme l’envol des séries hispaniques.
Karin Tshidimba
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