intime conviction stop.jpgCe jeudi après-midi, l’affaire opposant le Dr Jean-Louis Muller à Arte au sujet de la fiction Intime conviction a été mise en délibéré devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.
Par le biais de ses avocats, le praticien accusait la chaîne d’atteinte au respect de la vie privée, estimant que tant la fiction que sa déclinaision sur le web « salissaient son image », alors qu’il a été définitivement acquitté, en octobre dernier, du meurtre de sa femme.

Cet argument a visiblement convaincu la juge des référés. Il faut dire que le Dr Muller était défendu par deux ténors du barreau (cf. note précédente).

Cette décision a été confirmée en appel ce vendredi soir, ce qui met un terme à tout « espoir » de retour du programme sur le net. (mise à jour 01/03)

Par voie de communiqué de presse, Arte a fait savoir qu’elle prenait « acte de l’ordonnance de référé prise par le Tribunal de Grande Instance de Paris ce jeudi 27 février au sujet du programme Intime conviction » et la mettait immédiatement « en oeuvre »
Précisant cependant qu’elle « regrette de mettre fin de manière anticipée à cette expérience inédite de découverte du fonctionnement de la justice ».
Parlant de « censure », la société de production Maha a annoncé son intention de faire appel de la décision. L’audience devrait avoir lieu rapidement. Mais vraisemblablement trop tard pour que le web-procès fictif puisse connaître son épilogue, comme prévu, ce dimanche 2 mars.

(mise à jour 01/03) La cour d’appel de Paris a réitéré, ce vendredi, l’interdiction du programme télévisé et du procès sur Internet imaginés par Arte. La décision confirme l’ordonnance rendue jeudi par la juge des référés, saisie en urgence par le Dr Muller pour « atteinte à sa vie privée ». Selon l’arrêt de la cour d’appel, les mesures prises par le premier juge « sont strictement proportionnées à l’atteinte commise ».
Contrairement à ce qu’espérait Maha Production, le programme ne reviendra donc pas ce week-end sur le net.

Pour rappel, le projet Intime conviction avait bénéficié d’une sacrée publicité puisqu’il a été couronné « meilleure oeuvre transmédia » au Festival de Luchon, en février, et plébiscité par le public d’Arte, venu en nombre pour suivre la fiction diffusée le 14 février. Avec 5,6% de parts de marché, elle a en effet réalisé l’une des meilleures performances de l’année toutes cases confondues et son versant web totalisait 80 000 visites et 410 000 pages vues, après une seule semaine de présence sur le net.
Une publicité dont se serait visiblement bien passé le véritable Dr Muller. 
KT

nb: la photo ci-dessus est extraite de la fiction d’Arte, pas de la réalité…

mise à jour (05.11.2014): Le Tribunal de grande instance de Paris a condamné pour atteinte à la vie privée les sociétés Maha et Arte, coproductrices d’Intime Conviction, fiction présentant de trop grandes ressemblances avec l’affaire Jean-Louis Muller, du nom de ce médecin du Bas-Rhin accusé du meurtre de sa femme. Le téléfilm, interprété par Philippe Torreton, pourra faire l’objet d’une rediffusion, précédée d’un avertissement. En revanche, l’expérience web, qui consistait dans un procès fictif, est interdite de diffusion. Maha productions et Arte devront verser à Jean-Louis Muller la somme de 58 000 € en guise de dédommagements.