how i met 1.jpgLa nouvelle, tombée au début du mois, a eu l’effet d’une douche froide sur les fans. L’annonce de la mise en chantier par CBS d’une série dérivée d’How I met your mother avait tout du sacrilège.
Alors que la série doit s’achever au printemps 2014, l’idée de développer un How I met your dad autour de la quête du grand amour par une jeune New-Yorkaise sentait la récupération funeste à plein nez et, pour tout dire, la manoeuvre bassement mercantile.

Lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la diffusion du 200e épisode, le 27 janvier prochain, les créateurs Carter Bays et Craig Thomas se sont défendus de vouloir vampiriser leur série finissante. «Nous voulons honorer How I met your mother avec la fin la plus propre possible » ont-ils insisté, précisant qu’ils ne reprendront que le concept d’origine, pour proposer des intrigues inédites, un univers différent et de tout nouveaux personnages.

Il n’empêche, c’est bien sur les cendres encore fumantes de leur série précédente que le duo entend bâtir son nouveau succès. Comme l’ont également annoncé les créateurs de Dexter et Breaking Bad, décidés à se pencher sur le destin de l’un ou l’autre personnage en particulier, ou ceux de The walking Dead prêts à imaginer l’origine de l’épidémie de zombies.

Depuis la rentrée, on assiste à une accélération de ce mouvement d’emprunts et d’adaptations en tous genres. Est-ce à dire que les scénaristes américains sont à court d’idées? La question mérite d’être posée. C’est certainement plus du côté de la multiplication des canaux et de l’entrée en piste de nouveaux opérateurs – comme Netflix, Hulu, Amazon, etc. – que l’explication doit être recherchée.
Qui dit multiplication des canaux de diffusion, dit nécessaire augmentation du nombre de projets en lice et croissance de la concurrence. Avec, sans doute à la clé, la tentation de tabler sur des valeurs sûres, des figures connues, afin de minimiser les risques de rater son public

jessica jones.jpgC’est sans doute dans l’univers de la bande dessinée que le plus grand nombre d’emprunts est en passe de s’opérer. En quelques semaines, on a en effet appris la mise en chantier de plusieurs projets concernant des super héros.
Netflix et Marvel ont notamment annoncé la conclusion d’un partenariat longue durée et le lancement, pour la saison 2015, de 5 séries toutes inspirées de comics: Daredevil, Jessica Jones, Iron Fist et Luke Cage. Une cinquième mini-série réunira tous ces super-héros à la mode «Avengers». Avec davantage de succès que la série Agents of Shield lancée à la rentrée sur ABC ? Ils l’espèrent.

On constate aussi que le mouvement qui voyait les séries tenter de se téléporter sur grand écran est en train de s’inverser avec nombre de sujets de films adaptés sur le petit écran. Où l’on sait que la liberté de créer est plus grande, aujourd’hui, et les moyens de financement moins compliqués à rassembler.
En mars dernier, désireux de relancer Paramount Television, le CEO de Viacom, Philippe Dauman, avait indiqué vouloir produire des séries basées sur les films les plus populaires de son catalogue et bénéficier ainsi de la notoriété de ses marques à moindre coût. Après la tentative, avortée, de produire la version télévisée du « Flic de Beverly Hills » (!) pour CBS, c’est au tour de Ghost de tenter sa chance. Akiva Goldsman et Jeff Pinkner qui ont, notamment, travaillé sur Fringe, sont en charge du pilote tiré du drame de Jerry Zucker.

En l’occurrence, le gain est même double puisque le studio possède déjà les droits de l’oeuvre originelle et que sa notoriété auprès du grand public est en partie assurée. On peut toutefois douter de la capacité de certains sujets à se décliner sur le format long…

La formule la plus classique reste l’adaptation de succès étrangers. On l’a vu récemment avec la série Bron devenue The bridge aux USA et The Tunnel en France et Grande-Bretagne. Mais les sources d’approvisionnement sont de plus en plus éclectiques avec des projets choisis en Belgique (Clan), en Espagne (Les bracelets rouges) ou en France (Les revenants). Autant de motifs de fierté pour le Vieux continent.
KT

nb: Remake, encore… Laurence Fishburne va produire et interpréter The right mistake, un projet pour la chaîne HBO. Adapté des romans de Walter Mosley, ce drame suivra la difficile rédemption de Socrates Fortlow, relâché après 27 ans de prison. Un rôle qu’il a déjà incarné en 1998 dans le téléfilm « Allways outnumbered » (« La rage de survivre », en VF).