we are men.jpgMalgré le cadre idyllique et les profils diversifiés, la série We are men a rapidement pris l’eau. Avec son quatuor de machos célibataires et bas de plafond, elle n’a pas fait rire grand monde et s’est même rapidement fait descendre par la critique américaine. Verdict: annulation après seulement deux diffusions… Preuve qu’aux Etats-Unis, on ne badine pas avec la qualité des séries.

On salue souvent l’excellente santé des séries étrangères, mais on oublie aussi de dire que ce résultat n’est pas le fruit du hasard. C’est presque toujours le signe de l’extrême liberté laissée aux scénaristes de creuser les peurs, les névroses et les espoirs de leurs contemporains.

Aux Etats-Unis, cette liberté, qui fait partie de l’ADN des chaînes du câble (HBO, AMC, etc.), est souvent remplacée par une sélection drastique et soigneusement organisée (des acteurs et des thématiques traitées) lorsqu’on aborde les grands réseaux (ABC, NBC, CBS, la FOX et CW).

Sur ces 5 grandes chaînes, rien n’est laissé au hasard: de la composition de l’équipe technique, au dosage millimétré du casting (censé permettre à tout le monde de s’y retrouver), en passant par les pilotes soumis à toute une batterie de tests face à un auditoire trié sur le volet. A la moindre défaillance du concept, on revoit les copies, on rejoue les scènes, on change même les personnages en cours de route, parfois.
Pas de place pour le doute, encore moins pour la chute (d’audience). Chaque chiffre, chaque courbe est étudié avec le plus grand sérieux. Et si nécessaire, on tranche dans le vif. Il suffit de voir le nombre de séries annulées en fin de saison. Faute d’audiences mais aussi, le plus souvent, d’impact suffisant auprès du public « chéri » (les 18-49 ans) des annonceurs.

A force de parler du succès mondial des séries américaines, on oublie de dire à quel point cet univers est compétitif et cruel. Une situation qui entraîne un recours de plus en plus régulier aux «remakes» et aux «spin-off». Dans les deux cas, il s’agit de s’appuyer sur un succès avéré (présent ou passé) afin de rassurer les annonceurs et d’aguicher les potentiels téléspectateurs (du moins, l’espèrent-ils). Malheureusement, la frilosité est l’ennemie jurée de la création et la somme des goûts « supposés » du public crée rarement la surprise que chacun espère secrètement.
C’est ce que révèle cette rentrée américaine, particulièrement pauvre en projets étonnants. Résultat: on assiste déjà à un premier écrémage sévère, quelques semaines à peine après les premières mises sur orbite.

Tandis que certaines peinent toujours à décoller faute de réel potentiel (« Sean saves the world », « Welcome to the family », « Betrayal« , « The Millers », « Super Fun night »), d’autres semblent, déjà, avoir épuisé le leur.
Trois séries ont ainsi été annulées avant même leur troisième épisode: « Lucky 7« , « Murder Police » et « We are men« . Quant à « Us and them » supprimée avant même d’être diffusée (!), elle semblait traîner la poisse depuis l’origine: pâle copie d’une série britannique, vainement remaniée puis raccourcie. En cette rentrée 2013, c’est clairement au rayon humour que les C4 claquent le plus vite.

En attendant que la liste ne s’allonge, on vérifie donc que le succès international des séries US tient à un autre facteur: seules, les plus originales et les mieux calibrées d’entre elles parviennent jusqu’à nous. Les vieilles casseroles et les concepts douteux traversent rarement l’Atlantique.
KT

mise à jour (21/10): NBC poursuit son ménage de rentrée. Elle annule Welcome to the family (après 3 épisodes) et Ironside, deux nouveautés qui n’ont pas suffisamment séduit le public. Le 4e épisode du remake de « L’homme de fer » sera encore diffusé mercredi et puis, ce sera fini…