pan am.jpgLégère comme une bulle de savon portée par le vent d’été.
Ce dimanche à 20h*, La deux invite à découvrir Pan Am**, série ABC qui s’intéresse à la mythique compagnie aérienne américaine qui imposa son image glamour et select dans les airs entre 1930 et 1990. Avec elle, c’est une partie de l’histoire politique mais aussi du rêve américain qui sont ainsi revisités. Même si l’objectif avoué est plus le divertissement que la réflexion engagée…

New York, 1963. Chemisier et gants blancs, uniforme impeccable et jupe cintrée, précieux calot bleu et taille millimétrée: à la “Pan American world airways”, on ne badine pas avec la silhouette des hôtesses. Paradoxalement, pour beaucoup de jeunes femmes, le fait d’endosser l’uniforme est synonyme d’émancipation et de liberté. Mais une liberté surveillée comme vient le rappeler le “port de la gaine obligatoire” (sic).

Surfant sur les golden sixties, l’univers créé par Jack Orman (Urgences) louche clairement du côté de Mad Men, en abordant un autre secteur d’activité iconique. Capitalisant sur le charme de l’époque et d’un quatuor d’hôtesses, “Pan Am” propose de nombreux détours par les espoirs et peines de cœur de l’équipage, faisant son miel d’un double fantasme: pilotes, hôtesse de l’air.
Dans les cieux comme sur terre, la réévaluation des rôles hommes-femmes reste limitée, nombre de passagers s’emploient d’ailleurs à le démontrer aux hôtesses les plus «tentantes», Maggie-la-rebelle (Christina Ricci) en tête. On retrouve là un autre thème qui a fait le succès de “Mad Men ». 

Malheureusement pour elle, Pan Am arrive après Downton Abbey et Boardwalk Empire. Le public s’est aguerri face aux séries historiques. Il en attend désormais bien plus que le divertissement et l’impression de revisiter une époque.
Délassante et sympathique, “Pan Am”  se révèle sans surprise, ni réelles aspérités. Si elle revisite un certain nombre d’événements marquants (la fuite des anti-castristes après l’épisode de la Baie des Cochons, le discours de JFK à Berlin, etc.) c’est le plus souvent sans s’y arrêter vraiment.
A la fluidité de la caméra ne répond pas le mordant ou le piquant des propos. Dommage, car le contexte politique de la Guerre froide aurait pu se révéler diablement inspirant avec le potentiel que représente ce personnel volant au-dessus de tout soupçon.
Jack Orman imagine en effet la CIA faisant appel aux hôtesses comme agents de liaison. Mais même sur ce terrain, la série reste assez superficielle. A peine formée, la bulle de savon semble déjà prête à exploser en plein vol. Demeure un parfait délassement pour l’été.

Après un décollage plutôt réussi (plus de 11 millions de téléspectateurs), Pan Am a en effet rapidement perdu du terrain sur le plan des audiences aux Etats-Unis, terminant sa course devant 3 millions de fidèles à peine. Malgré son aura sur le marché international et son achat par 117 pays, glamour oblige, la série a été annulée au terme de cette unique saison (14 épisodes).
KT

*nb: la VO est proposée sur La trois le lundi à 21h35

Pan Am. Drame « historique », de Jack Orman, avec Christina Ricci, Kelli Garner, Karine Vanasse. Diffuseur: ABC. 14 épisodes en tout. Début: 25 septembre 2011. Annulée