linda gray.jpgMédia de l’éphémère, avec son cortège de nouveautés charriées par chaque rentrée, la télévision peut aussi avoir de la mémoire. Comme le prouve encore le Festival de Monte-Carlo cette année. Parmi les invités de cette 53e édition, on a ainsi pu croiser Jacqueline Bisset, mais aussi les actrices Linda Thorson, alias Tara King dans «Chapeau melon et bottes de cuir », et Linda Gray.

Si la première n’est plus tellement présente sur le petit écran, la seconde reste Sue Ellen à jamais dans le coeur de fans. Qu’il s’agisse de la version originale de Dallas ou de la suite lancée en 2012.
Descendue à Monte-Carlo avec une grande partie de l’équipe de la série, l’actrice a aussi évoqué la reprise du tournage sans l’inimitable JR.

«Dans les années 80, Sue Ellen était le personnage féminin le plus intéressant que l’on m’ait donné à jouer. Personne ne savait jamais où elle était, ce qu’elle était en train de faire, ni avec qui» souffle l’actrice dans un sourire. «Aujourd’hui, Sue Ellen est revenue et elle est transformée. Elle est sobre, elle a vécu une sorte de rédemption et elle a des idées complètement différentes sur la vie. Bref, je l’aimais avant et je continue à l’aimer au temps présent.»

Très complice de son partenaire Patrick Duffy, qui joue le gentil Bobby (Ewing), elle souligne que l’avoir à ses côtés les a tous les deux aidés à passer outre la tragédie de la mort de Larry Hagman alias JR, en novembre dernier.
« Je me souviens que lorsque nous sommes arrivés le lundi sur le plateau, les gens de l’équipe, les autres comédiens, personne ne savait comment nous aborder. Nous avons donc consacré du temps, ce jour-là, à évoquer sa mémoire, son humour, ses remarques ironiques, ce qui nous a donné à tous la force de continuer. »
« C’était un acteur et un ami iconiques, renchérit Patrick Duffy. Il est tous les jours présent dans mon coeur lorsque nous tournons, mais pas seulement et je n’éprouve que de la joie pour tout ce que nous avons vécu ensemble. JR était un peu comme la fille nue qui figure sur la proue du bateau: un emblème. Mais c’est le bateau qui nous permet de faire le voyage et ici, en l’occurrence, c’est le show. Toute l’équipe porte la série et le ranch de Southfork en est sûrement le personnage principal » ajoute-t-il dans un clin d’oeil.
« Aujourd’hui, c’est à Bobby de jouer le rôle du patriarche, c’est passionnant et je me sens béni de pouvoir incarner quelqu’un qui a mon âge réel. Mais pour le reste nous sommes tous responsables de l’avenir de la série. »

Aller de l’avant, ne pas trop se retourner sur le passé, même s’il est pavé de grand rôles, semble aussi être la devise de Jacqueline Bisset, présente pour défendre la mini-série britannique «Dancing on the edge».
Ecrite et réalisée par Stephen Poliakoff, elle retrace la montée en puissance d’un groupe de jazz noir dans le Londres des années 30. Un rôle qui l’a littéralement transportée, comme le firent les jeunes musiciens et chanteurs noirs à l’époque.
Et son rôle d’Anne Sinclair dans le film d’Abel Ferrara sur «DSK» ? «C’était amusant, intéressant et en même temps assez compliqué.» C’est décidé, la comédienne n’en dira pas plus.
KT, à Monte-Carlo

nb: Dallas 2012 arrive sur TF1 le 22 juin à 20h50 et la chaîne enchaînera avec la saison 2, non encore diffusée chez nous, ce qui force la RTBF à lancer ces nouveaux épisodes dès le 11 juillet. Or, elle voulait faire de la série, l’un des événements de sa rentrée. «Damned», entend-on crier du côté de Reyers.

mise à jour (07.10.2014): La télévision est décidément un univers impitoyable. Cette fois, c’est la série Dallas qui en fait l’amère expérience avec une annulation annoncée ce week-end par la chaîne TNT. Trois petites saisons et puis s’en vont. Sans JR, la saison 3 n’avait plus rassemblé qu’1,7 million de fidèles.