L’acteur revient en gentleman cambrioleur ce 23 octobre sur Netflix. D’ »Intouchables » à « Ocean Eleven », retour sur un parcours hors normes.
Le triomphe du film Intouchables a fait d’Omar Sy une star du jour au lendemain. Une célébrité pas toujours simple à assumer, comme il le révélera quelques années plus tard. Mais une reconnaissance qui lui a permis d’endosser d’autres personnages d’envergure comme dans la série Lupin dont la saison 4 arrive ce 23 octobre sur Netflix.
Avec ce personnage de gentleman cambrioleur, Omar Sy a accédé à une notoriété internationale : Lupin est la série non-anglophone la plus visionnée au monde sur la plateforme Netflix et l’une des meilleures ambassadrices de la France devant Emily in Paris. Même si le casse du Louvre, intervenu il y a presque un an (le 19 octobre 2025) lui a donné des sueurs froides, semblant répliquer avec un peu trop d’enthousiasme le vol du collier de la Reine mis en scène dans la saison 1.
Clown, Tirailleur et Lupin
Omar Sy admire son personnage d’Assane Diop pour “sa légèreté, son panache, son sens du jeu”, autant de qualités qu’on lui reconnaît aisément. La série comble sa passion du déguisement et des ruptures de tons qui était déjà l’une des grandes forces de son duo avec Fred, dans le SAV des émissions, au début de sa carrière sur Canal+.
Nul doute qu’en devenant showrunner (producteur artistique) de cette saison 4, il a pu y imprimer sa patte et y insuffler de nombreux rêves. Sa première fierté reste que la série ait donné envie de relire les livres de Maurice Leblanc. “Les libraires et les éditeurs nous remercient.” Contrairement aux habitants d’Étretat, un peu dépassés par la Lupin Mania. “Je m’en excuse encore”, insiste-t-il.
Si ses films Chocolat (2016) et Tirailleurs (2022) ont permis de remettre en lumière des destins d’hommes noirs oubliés par l’Histoire, la série, créée en 2021 par George Kay et François Uzan, démontre que “l’invisibilité” domine dès lors que l’individu recherché a le profil d’un coursier, d’un vigile ou d’un agent d’entretien, a fortiori s’il est noir. Pour Omar Sy, Lupin permet de “mettre en lumière les injustices et les invisibles”, une motivation supplémentaire pour l’acteur qui “tente de faire des choix de rôles cohérents”.

Humour et engagement
En septembre, il était en Une du Time France, avec cet œil malicieux et ce sourire discret qu’on lui connaît. L’humour a toujours été son moyen de briser la glace. On l’a constaté lors d’une rencontre dans un hôtel parisien où s’était installée l’équipe du film Dis-moi juste que tu m’aimes, comédie romantique où il a pour partenaires José Garcia et Élodie Bouchez. Une belle façon de convaincre les sceptiques et les méfiants face à sa taille (1m92) et une couleur de peau qui impressionnent, parfois.
Sa prise de position vis-à-vis des “affaires” George Floyd et Adama Traore lui a été reprochée, mais il s’en fiche. “Je suis grand. Je suis noir. Je suis comme eux. Est-ce que la même chose peut m’arriver demain ? Est-ce que cela risque d’arriver à mes enfants ? La plupart de ceux qui ont lu ma lettre l’ont comprise. Certains pas […] Je savais en l’écrivant que cela affecterait mon travail. Mais je devais le faire. Dans ma position, en France, je devais dire quelque chose aux jeunes qui me ressemblent.”
Confidences et vie de famille
Né en 1978, à Trappes dans les Yvelines, Omar Sy est aujourd’hui acteur et producteur via sa société Carrousel Studios. Un sacré parcours pour cet acteur autodidacte, fils d’un père ouvrier dans le secteur automobile et d’une mère femme de ménage.
Dans le livre d’entretiens Viens, on se parle (Albin Michel 2024) Omar Sy évoque notamment son enfance dans une famille nombreuse et ses liens d’amitié avec Nicolas Anelka et Karim Debbouze, le frère de Jamel.
Doté d’un charme et d’un talent fous, Omar Sy est aussi un père de famille attentif. Il a pris ses distances avec la France en 2011, direction Los Angeles, pour pouvoir vivre son rêve américain et offrir d’autres chances à ses enfants, loin d’une notoriété et surtout d’un racisme parfois “écrasants en France”.

Son rôle, à leurs côtés, s’apparente à celui qu’il adopte avec le jeune Yao dans le film éponyme qui l’a conduit, en 2019, sur les routes de son pays d’origine, le Sénégal. C’est aussi le cas de la relation pleine de tendresse nouée avec Gloria, en tant que papa solo, dans le mélodrame Demain tout commence (2016).
Omar Sy n’est pas toujours abonné aux comédies et au divertissement. Dans Le Passage (I was a stranger, en VO), signé Brandt Andersen en 2024, il adopte le profil peu recommandable d’un passeur de migrants. Un rôle à contre-emploi dans ce thriller porté par de multiples points de vue éclairant une migration faucheuse de nombreuses vies humaines.
Et l’on peut aussi reconnaître le timbre de sa voix dans la nouvelle version du feuilleton audio Dracula sur Audible.
Ocean Eleven et le général Dumas
Discret et posé en interview, Omar Sy est aussi adepte des pauses. Il aime disparaître pour revenir “plus inspiré”, persuadé que “la création se nourrit de la vie”. Prochaine étape dans sa carrière : le prequel d’Ocean’s Eleven (2001). Après avoir forgé sa place dans des franchises comme X-Men ou Jurassic World, l’acteur français a intégré l’univers de cette autre grande saga. Une nouvelle aventure tournée en partie à Paris, Nice, Monaco,… Omar Sy y a pour partenaires Bradley Cooper, Margot Robbie et Wagner Moura.
Le film, produit par la Warner, se déroule en 1962 et met en scène les parents de Danny Ocean. Référence du film de braquage, la saga Ocean a déjà généré plus d’un milliard de dollars au box-office. Bradley Cooper est à la fois scénariste et réalisateur de ce long métrage qui sortira en juin 2027. Omar Sy et lui étaient déjà partenaires dans À Vif de John Wells, en 2015.
L’acteur sera ensuite à l’affiche de Dumas, diable noir, prochain projet de Ladj Ly (Les Misérables) auquel est associé le jeune Théo Christine (Suprêmes), mais aussi Vincent Cassel et François Civil. Le film mettra en lumière le parcours hors du commun du général Thomas-Alexandre Dumas, proche de Napoléon, dont la carrière a été brisée.
Né esclave à Saint-Domingue, il est devenu le premier général noir de l’armée française sous la Révolution. Il était aussi le père du célèbre écrivain Alexandre Dumas (Les Trois Mousquetaires). Un nouveau destin longtemps “invisible” enfin porté sur grand écran, à découvrir en octobre 2027.
Karin Tshidimba
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