the casual vacancy.jpgSi vous êtes dépités par la fin de la saison 2 de Broadchurch diffusée lundi soir sur ITV (cf ci-contre) et en quête d’un nouveau drame britannique à vous glisser sous les mirettes, The Casual Vacancy** (Une place à prendre en VF) pourrait faire l’affaire. Non pas que les deux fictions soient forcément du même tonneau mais cette mini-série, adaptée du roman homonyme de la célèbre J.K. Rowling, est, elle aussi, liée à la thématique des vilains petits secrets révélés par un décès inopiné.

Ne vous fiez pas aux apparences bucoliques et proprettes du petit village de Pagford dans le sud-ouest de l’Angleterre. Cette campagne verdoyante cache en effet son quota de bassesses, de rumeurs malveillantes, de sombres idiots et de cas sociaux. Autant d’éléments qui donnent lieu à une comédie sociale haute en couleur, oscillant entre pudibonderie et recherche de sensations fortes.

Si les premières images peuvent faire croire à une déclinaison moderne des enquêtes d’Agatha Christie, la description des citoyens de Pagford et environs entraîne bien vite le téléspectateur sur des chemins de traverse nettement plus marécageux. Une exploration d’autant moins reluisante qu’elle est déclenchée par une curieuse danse du scalp suite au décès inopiné de l’un des administrés les plus respectés de la localité.

the casual vacancy 2.jpgDébordé mais débonnaire, Barry Fairbrother (Rory Kinnear) est un idéaliste et un homme de coeur. Un de ceux qui défendent bec et ongles les habitants «pauvres» du quartier de logements sociaux tout proches «Les champs» et la clinique de désintoxication qui les jouxte. Son décès «libère» un siège au conseil municipal, fait d’apparence anodine qui va entraîner une sourde lutte de pouvoir entre pro et anti-clinique.

L’adaptation du livre original a été confiée à Sarah Phelps, rompue aux emprunts et aux résumés d’intrigues littéraires (The Great Expectation et The Crimson Field) et à la caméra de Jonny Campbell. Déclinée en trois épisodes, la mini-série, coproduite par HBO, a fait une entrée remarquée la semaine dernière sur BBC One, mais l’épisode de ce dimanche a déjà subi une sensible érosion d’audience. Pas étonnant dans le fond, car on est bien loin du cadre magique et enchanteur du Poudlard d’Harry Potter qui a rendu célèbre le patronyme de J.K. Rowling.

Si cet univers comptait son lot d’horreurs et de maléfices, la noirceur, ici, est avant tout humaine. Qu’il s’agisse d’odieux spéculateurs immobiliers, d’ados en ébullition façon Skins, de bourreaux domestiques, d’amants pathétiques ou de parents indignes et drogués.

Au-delà du décès du conseiller communal Fairbrother – dont plusieurs habitants de Pagford voudraient récupérer le droit de vote, alors que son corps n’a pas encore été porté en terre -, les esprits s’échauffent sur la question de savoir s’il faut, ou non, permettre l’installation d’un centre de Spa à Pagford. Certains y voient l’occasion de redorer le blason de la cité et d’attirer de nouveaux habitants tandis que les détracteurs du projet s’offusquent à l’idée qu’il consiste à chasser les citoyens les plus pauvres de la localité et à faire déménager le centre de désintoxication.
Derniers tourments et épilogue dimanche prochain.
KT

nb: au casting on retrouve Michael Gambon (aka Albus Dumbledore, photo du haut), Julia McKenzie, Keeley Hawes, Joe Hurst