Sélectionner une page

super-héros.jpgSuperman et Batman, respectivement septuagénaire et quinquagénaire, connaissent une nouvelle vitalité sur grand écran tandis que les séries accueillent un nombre croissant de héros issus de l’univers des comics Marvel: Arrow, Agents of Shield,…
Non seulement, le temps où la BD était considérée comme un passe-temps pour gamins attardés est totalement révolu, mais le 9e art est devenu le nouvel Eldorado pour un 7e art en mal de références et de valeurs en temps de crise.

Plus importante réunion de super héros jamais organisée sur grand écran, le film Avengers, sorti en 2012, a d’ailleurs permis à l’industrie hollywoodienne de battre de nouveaux records, en récoltant 1,5 milliard de dollars de recettes à sa sortie en salles. Et ce n’est pas fini… Fin novembre, Netflix a signé un partenariat longue durée avec Marvel portant sur le lancement, en  2015, de 5 séries toutes inspirées de comics: Daredevil, Jessica Jones, Iron Fist et Luke Cage. Une 5e mini-série réunira tous ces super héros à la mode “Avengers”.

Loin de décliner, l’aura des super héros tendrait donc à se renforcer en ces temps d’incertitude économique. Un phénomène étudié avec le plus grand sérieux et la plus grande acuité par Michael Kantor afin de déterminer ce qu’il nous dit de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui. Parcours décrypté dans un riche documentaire en trois parties proposé dès ce samedi à 22h35 sur Arte.

Superman, Batman, Green Lantern, Wonder Woman: la création et les évolutions de tous ces super héros ont accompagné les transformations de la société américaine au fil du siècle dernier. Nés dès les années 30, au moment de la Grande Dépression, ils reflètent le besoin de la population de trouver un champion afin de lutter contre les forces liguées contre lui.

Superman – apparu dans le n°1 d’Action comics en juin 1938 – est alors perçu comme le redresseur de torts par excellence. Ses créateurs Jerry Siegel et Joe Shuster sont deux jeunes Juifs de Cleveland qui se faisaient régulièrement brutaliser par des voyous. Ils ont imaginé un personnage à mi-chemin entre Samson et Hercule, et une demi-douzaine d’autres héros tirés de la Bible, des BD, des feuilletons et du cinéma, quelqu’un capable d’arrêter les criminels. Une réponse au drame vécu par Siegel dans son adolescence: la mort de son père, abattu par un cambrioleur jamais arrêté. Emigré venu de Krypton, Clark Kent, alias Superman, est aussi la transposition de la volonté d’intégration de tous les émigrants très actifs dans l’industrie florissante des comics.

wonder woman.jpgEn deux ans, Superman obtient son propre magazine et lance la mode des super héros. Chaque maison d’édition se doit d’avoir son justicier à l’identité secrète. A chacune son style et son héraut atypique. Ainsi de Marvel qui se caractérise par des personnages moralement ambivalents. «Les super héros sont les dieux de l’Amérique, sa mythologie, à la façon des Grecs et des Romains. Ils sont l’incarnation de ce que nous croyons être: des pionniers et des héros» explique l’actrice Lynda Carter qui prêta sa plastique à Wonder Woman

Dans le film de Michael Kantor, les anecdotes et témoignages affluent permettant de comprendre le terreau culturel et social qui a permis l’émergence de cette formidable culture pop. Que ce soit la seconde guerre mondiale avec l’apparition de Captain America, ou les débuts de l’émancipation de la femme avec Wonder Woman et son lasso magique.
Avec Hulk, les Quatre fantastiques ou Spiderman, apparus dans les années 60, les héros ne rechignent plus à montrer leurs blessures et leurs failles. Ce qui les rend d’autant plus attachants dans leur lutte contre le mal. Des aventures qui, sous couvert de conquête spatiale notamment, traduisent aussi les inquiétudes de l’Amérique vis-à-vis de la guerre froide et de l’âge atomique. Plus tard viendront la question des droits civiques et les échos du Watergate.

Dans Super héros: l’éternel combat***, des grands noms témoignent de ces évolutions comme Stan Lee, Jack Kirby, Joe Kubert, etc. Et rappellent que les super héros symbolisent les valeurs, les espoirs et les rêves de la première puissance mondiale. Une passion qui a révolutionné un mode de narration en plein essor car ni les jeux vidéo, ni la télévision, ni l’animation, ni le cinéma n’auraient pu exister sans le succès des comics.
Ce documentaire en trois volets (proposé le samedi à 22h35 sur Arte) fait le tour d’un phénomène dont la vitalité sur tous les écrans n’est plus à démontrer. Que l’on soit connaisseur ou pas, ce film donne les clés d’un univers fondateur de la culture pop, et éclaire 75 ans d’histoire américaine.

Envie de prolonger la découverte?

Du 22 mars au 31 août 2014, l’Art Ludique-Le Musée – implanté au 34, quai d’Austerlitz dans le 13e arrondissement de Paris – proposera la première grande exposition consacrée aux super héros de Marvel Comics. Cette exposition exceptionnelle présentera 300 planches originales, issues des bandes dessinées d’origine. On y retrouvera les signatures de Jack Kirby, Steve Ditko, etc. Des vidéos de Stan Lee jalonneront le parcours.
KT