wonderland.pngIl y a de la magie dans l’air. Pas seulement à cause d’Halloween mais aussi parce qu’ABC a doublé son quota de féerie en lançant, le 10 octobre, Once upon a time in Wonderland**. Série dérivée de la saga de Storybrooke, celle-ci se concentre sur le Pays des merveilles cher à la jeune Alice. Entretemps, Alice a d’ailleurs grandi et c’est par amour pour le génie Cyrus (Peter Gadiot) qu’elle souhaite désormais retourner dans ce pays dénigré par son père et un tas d’adultes raisonnables (notamment les médecins de l’asile psychiatrique où elle a été, un temps, confinée).

Délirant, le récit l’est forcément un peu qui suit les tentatives désespérées d’Alice de retrouver l’homme de ses rêves. Une quête échevelée dont la Reine rouge, tapie dans l’ombre, ne perd pas une miette, espérant en profiter pour faire main basse, au passage, sur la lampe, symbole du pouvoir du fameux génie. Une lutte pour le pouvoir d’un côté, un amour contrarié de l’autre: la recette a fait ses preuves de longue date. Seul prérequis: ne pas être allergique aux contes de fée, bien sûr.

L’entrée en matière de Once upon a time in Wonderland est un peu hasardeuse. Or on sait que cela peut rapidement se révéler assassin pour une série. Les deux épisodes suivants sont heureusement plus convaincants. Suffisamment pour s’assurer un avenir radieux? A vous de juger. Le prochain opus ne sera diffusé que le 7 novembre, l’occasion pour l’équipe de procéder à quelques ajustements durant cette semaine de congé. Il n’empêche, ces errements sont d’autant plus étonnants qu’OUAT (la série-mère) avait déjà été marquée par un démarrage erratique en 2011, avant de s’offrir un succès surprise. Il aurait été judicieux de ne pas répéter les mêmes erreurs avec sa série dérivée…

L’autre problème de Wonderland vient du décor: le premier épisode donne en effet l’impression que les techniciens ont abusé de la palette graphique. A moins qu’il y ait des daltoniens dans l’équipe… Une fois ces notes criardes dépassées, l’histoire gagne heureusement en intérêt. Avec une façon plutôt ludique et inventive de mêler les univers: Alice, Aladin, Robin des Bois, etc.

wonderland 2.jpgLes personnages ne manquent pas de piquant. Dans le rôle-titre, une Alice pleine de fougue et prête à en découdre, on reconnaît la jeune Sophie Lowe, Britannique qui a émigré en Australie et était au générique de la série The slap vue sur Arte.
La reine rouge, exigeante et insatisfaite, est persuadée qu’elle risque de mourir d’ennui. Dans ce rôle sulfureux et un rien décadent, Emma Rigby se révèle tout à fait digne de la marâtre qui terrorise les sujets du pays des contes dans OUAT. Et c’est bien Naveen Andrews de Lost que l’on reconnaît dans le rôle de l’obscur Jafar, prince des serpents et des tapis volants.

Le défilé d’invités devrait se poursuivre au Pays des merveilles puisqu’à la suite d’Iggy Pop, apparu sous les traits de la fameuse chenille fumeuse de chicha, on annonce Whoopi Goldberg qui prêtera sa voix au personnage de Madame Lapin tandis que Marylin Manson est attendu à la mi-novembre dans la saison 3 de Once upon a time. Le metal rocker prêtera sa voix à un personnage maléfique, inscrit dans l’ombre de Peter Pan. Des apparitions et tours de passe-passe qu’affectionnent visiblement les créateurs des deux séries, Adam Horowitz et Edward Kitsis. Dans le trailer ci-dessous, ils détaillent leurs intentions concernant leur nouvelle série.

Au-delà des critiques sur le décor et les effets spéciaux, le débat se poursuit sur la question de la pertinence des séries dérivées. Car la formule ne fait pas que des heureux. Si elle permet d’offrir une existence indépendante à l’un ou l’autre personnage d’une série déjà bien installée, la série dérivée (spin-off) est souvent un aveu de faiblesse puisqu’il s’agit de faire du neuf avec du (un peu) vieux. Une stratégie bien plus mercantile que créative. Bien sûr, quelques créations parallèles en valent la peine, mais souvent la déception est au rendez-vous. Parce que l’ambiance n’est pas la même ou que les personnages secondaires ne sont pas à la hauteur de la tâche qu’on leur a assignés.
Cette idée de Once upon a time in wonderland nous laissait plutôt sceptiques au départ. Mais… le résultat n’est pas déshonorant, offrant, en outre, une narration plus fluide que sa série-mère. On attend tout de même de voir la suite…

KT

Et le trailer? Il était déjà disponible ici

mise à jour (31.03.2014): ABC annule la série après une seule saison de 13 épisodes.