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Portée notamment par Nicole Wallace (”A contre-sens”), la célèbre saga latino-américaine gagne en force et en rythme au fil des épisodes. A voir sur Prime Video

“Le jour où je suis née ma grand-mère Clara a vu mon avenir. Selon elle, les astres s’étaient alignés pour me doter de dons qui me permettraient de surmonter les épreuves de la vie. Mais j’avais fini par l’oublier.”

D’emblée, la série établit la filiation étroite entre Alba, la narratrice et sa grand-mère. En découvrant cette grande maison vide, le lien est tissé avec le passé de celle dont les carnets nourrissent le récit déployé sur huit épisodes.

Clara del Valle, sa grand-mère, a toujours eu “un pied dans ce monde et un autre dans l’au-delà”. Elle a consigné les événements de sa vie dans des centaines de carnets afin que, cinquante ans plus tard, Alba “puisse s’en servir pour faire ressurgir le passé et survivre à son propre effroi”. Des menaces qui restent très diffuses dans les premiers épisodes de la série.

« La Maison aux esprits », célèbre roman d’Isabel Allende est adapté assez fidèlement en série sur Prime Video.

Le récit déploie lentement sa toile, installant son arène et ses nombreux personnages pour mieux irriguer les artères de cette vaste saga familiale retraçant le destin de trois générations de femmes qualifiées d’indomptables. Toutes les trois ont été forcées de composer avec la tragédie, la lutte sociale et la magie, dans un pays d’Amérique du Sud en pleine ébullition. Un environnement très semblable au Chili, avec ce mélange de tradition paysanne et de classe politique violente et féroce. Un ancrage local soigneusement reconstitué dans la série, tournée au Chili, choix validé par son autrice originelle Isabel Allende.

L’ombre du coup d’État militaire chilien

Rapidement, le destin de cette famille bourgeoise va être bousculé par les transformations d’une époque riche en défis et en affrontements, alors que se profilent les années les plus brutales de cette nation bientôt secouée par de sanglantes luttes fratricides.

À travers ce récit, où se mêle le destin des vivants et des revenants, Isabel Allende a donné vie à un roman qui a permis de définir les contours et de rendre populaire la littérature latino-américaine. Raison pour laquelle une première adaptation au cinéma en 1994 par Bille August, avec Meryl Streep, Winona Ryder, Jeremy Irons et Glenn Close, avait été décriée, car jugée trop figée et pas assez fidèle au roman originel.

La série, réalisée par Francesca Alegria, adopte au départ une narration plutôt classique, rehaussée de quelques accents plus fantastiques. Trois épisodes de la saga produite par Prime Video sont disponibles dès ce 29 avril. La suite sera dévoilée au rythme d’un épisode par semaine chaque mercredi.

NB: La Maison aux esprits (La Casa de los Espriritus en VO), premier ouvrage foisonnant d’Isabel Allende, a obtenu le prix du Grand Roman d’Évasion en 1984. Premier volet de sa “trilogie involontaire”, le livre a été traduit dans plus de trente langues et vendu à plusieurs millions d’exemplaires.

Karin Tshidimba